Les juifs ont-ils des droits civiques ? Par Caroline Glick

Publié le par danilette

Jérusalem Post 4/10/2010 LIEN

Un aspect frappant du soi-disant gel des constructions  en Judée Samarie qui a expiré la semaine dernière, c'est qu'une activité intense de construction s'est poursuivie tout au long des 10 derniers mois. Les Arabes de Judée Samarie n'ont pas seulement construit sans aucune restriction mais ils ont reçu une aide financière des États-Unis, de l'Europe et des Etats du golfe pour les aider dans leurs projets de construction.

Le but présumé du gel est d'empêcher Israël de créer un fait accompli sur le terrain qui porterait préjudice à l'issue des pourparlers de paix avec le Fatah. Cet objectif est justifié sur la base de l'interprétation erronée de la part des palestiniens d'une clause dans l'accord de 1995 entre Israël et l'OLP dans laquelle il est convenu « qu'aucun des deux camps ne prendrait de mesures qui changeraient le statut de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en attendant le résultat des négociations sur le statut final ».

La clause ne se référait pas à la construction et le terme « aucun des deux camps » bien sûr concerne à la fois les Israéliens et les Palestiniens.

Mais depuis que l'accord a été signé, la mauvaise interprétation palestinienne a été largement adoptée et seuls les Israéliens ont été tenus de rendre des comptes à ce sujet.

Alors que chaque maison juive construite depuis 1995 a soulevé une tempête de critiques internationales, les Palestiniens ont bâti des milliers et des milliers de constructions à travers toute la région. Ils l'ont fait au mépris total d'une quelconque planification ou plan d'urbanisme et même sans tenir aucun compte du critère minimum de l'offre et de la demande. Par exemple un automobiliste qui circule de Jérusalem à Maalé Adoumim passera des centaines d’immeubles vides de cinq à dix étages à Issawiya et d'autres quartiers arabes, construits dans le seul but d'empêcher Israël de relier les deux villes. De même que le Premier ministre de l'Autorité Palestinienne, Salam Fayyad, nommé par le Fatah a affirmé très clairement que la construction de la nouvelle ville de Rawabi a pour but de changer le statut de la Judée Samarie et de préparer le terrain pour l'établissement d'un État en dehors du cadre des négociations. Comme le Comité des citoyens de la localité de Binyamin l’avait mis en garde, les Palestiniens ont choisi délibérément de localiser la nouvelle ville au cœur d’une région à prédominance juive pour porter atteinte à la continuité territoriale des localités juives.

La situation en Judée Samarie à la fin du moratoire n'est pas ce que les participants à la curée mondiale anti-israélienne nous font croire. Nous n'avons pas de Juifs avares qui engloutissent toutes les terres disponibles au détriment des Palestiniens naïfs privés de leurs droits. Ce qui est en jeu avec la fin du moratoire n'est pas du tout le sort du soi-disant processus de paix.

Ce que nous avons est une situation dans laquelle il y a deux ensembles de réglementations, une pour les Arabes et une pour les Juifs. Non seulement les Juifs ne bénéficient pas de plus de « droits » mais on leur refuse même ce qui est supposé être leurs droits inviolables à la propriété privée, non seulement des lois sont appliqués au bénéfice des seuls Palestiniens mais de grands préjudices sont causés aux Juifs.

Ce qui est en jeu avec la fin du moratoire, ce n'est pas l'avenir d'une paix future, c'est la question de savoir si les Juifs sont en mesure d’attendre une protection minimale de leurs droits à la propriété de la part du Gouvernement israélien ? Et si le Premier ministre Benjamin Netanyahou réussit à résister aux menaces et pressions du président Barak Obama qui cherche à abroger les droits des Juifs, cela ne changera rien pour la paix pas plus que céder à cette pression ne ferait avancer la cause de la paix.

Une paix basée sur l'annulation des droits juifs n'est rien moins qu'un bon moyen d'attiser la guerre.

Si Netanyahou réussit à neutraliser les menaces et harangues du Président des Etats-Unis, Barak Obama, ce qu'il aura réussi à faire est de maintenir un minimum de protection pour les droits des Juifs. Ce qui signifie que s’il réussi à tenir la promesse faite aux Israéliens de ne pas prolonger ce gel discriminatoire des constructions, il n'aura accompli que le minimum pour maintenir le respect israélien des lois et des normes libérales.

Quand nous reconnaîtrons que la demande d'un gel sur les constructions juives est en fait une question de droits civiques et d'application des lois plus qu'un problème de paix, nous reconnaîtrons que les demandes des juifs de Judée Samarie ne sont pas tellement différentes de celles des Juifs à travers tout le pays. Les Juifs du Néguev, de Galilée et du Golan ont à faire face a une discrimination qui n'est pas tellement différente de celle à laquelle ont à faire face les Juifs de Judée Samarie.

Prenez par exemple le sort de Yéhouda Marmor, descendant de trois générations d'éleveurs de basse Galilée qui possède un troupeau de 220 bovins. Durant les huit dernières années, lui et son ranch ont été régulièrement attaqué par un gang de voleurs de bétail et de squatters du clan Bashir. Le clan est originaire des villages arabes autour du Moshav Tzipori à environ 40 kilomètres de la ville de Yavniel.

Marmor a déclaré que des membres du clan lui ont tiré dessus alors qu'il tentait de les empêcher de voler son bétail en 2002. Six heures après avoir témoigné contre eux au tribunal, 2000 dounams de ses terres de pâturage ont été incendiés. Il a souffert de vol de bétail de façon récurente, tous les deux à trois mois depuis huit ans. Il y a deux ans, 7 km de clôture autour de ses pâturages ont été détruits. Marmor a déposé une longue liste de plaintes contre le clan Bashir. La police a clos toutes les enquêtes pour des raisons de manque d'intérêt public ou de manque de preuves.

Marmor s'est rendu au tribunal pour obtenir une ordonnance restrictive contre le clan. La police a refusé de l'appliquer.

Une simple visite au ranch Marmor qui surplombe la vallée de Jézréel, le long du lac de Tibériade vous convainc de son importance stratégique militaire. De plus en plus de Juifs comme Armor quitte l'élevage et permettent aux voleurs de terres arabes d'envahir leurs propriétés en raison du manque de protection policière ou du manque d'exécutions judiciaires de leurs droits. La nécessité de défendre ce qui reste s'impose de jour en jour. Si Marmor est en mesure de poursuivre son activité c’est grâce aux efforts des bénévoles de la Nouvelle Garde israélienne, une organisation de volontaires créée il y a trois ans par les fils des agriculteurs et des éleveurs qui se sont regroupés afin de protéger les moyens de subsistance de leurs parents et remédient à l’inaction de la police.

Prenez Ilan Milles de Névé Atid dans les hauteurs du Golan. Pendant sept ans, il a travaillé à réaliser son rêve de construire un marché de produits agricoles à l'entrée du parc national du Mont Hermon.

Il a reçu tous les permis et autorisations, il a récolté l'argent et il était prêt à commencer à travailler au début de l'année. Mais avant que les entrepreneurs ne commencent à travailler, des Druzes pro-syriens des villages voisins ont décidé qu'ils voulaient s’approprier de son projet. Donc ils ont menacé l'entrepreneur. Les nombreuses tentatives de compromis avec les Druzes ayant échoué, Milles s'est tourné vers Regavim, un groupe à but non lucratif qui essaye de protéger les droits fonciers des Juifs auprès du gouvernement.

Régavim a convaincu les ministres concernés à autoriser l'avancement de la construction, tout était prêt pour le mois de mai mais alors la police est intervenue.

En prétendant que cela mettrait en danger la vie des ouvriers du bâtiment, la police a ordonné l'arrêt du travail juste la nuit précédant le début des travaux.

Régavim s'est alors adressé à la Haute Cour de justice pour forcer la police à protéger les droits à la propriété de Milles. Le mois dernier le tribunal a statué en sa faveur et la construction devrait commencer le 1er novembre. Est-ce que cela sera la fin de l'histoire, qui peut le dire ?

La décision du tribunal est un changement positif par rapport aux pratiques générales. Depuis 2004 avec le cas Ka’adan, le tribunal avait statué que l'État ne pouvait pas faire de discrimination contre les Arabes dans la location des terrains. Cet arrêt a mis un terme à l'établissement de localités juive à travers tout le pays.

Cette décision aurait pu se justifier par des arguments libéraux si elle était appliquée pour tous et non pas réservée aux Arabes.

L'État continue à émettre des appels d'offres pour la location de terres aux Arabes exclusivement. L'État développe activement des localités exclusivement arabes dans le Neguev et en Galilée, les Juifs n'ont pas le droit de construire de localités juives même sur des terres appartenant au fonds National Juif [KKL], un fonds privé, créé et lié par sa charte au développement juif du pays.

En n’appliquant pas le code pénal contre les voleurs arabes de bétail, les squatters de terre, les constructions illégales et les fraudeurs de l'impôt, nous sommes arrivés à une situation nationale où il y a deux législations : l'une pour les Juifs et l'autre pour les Arabes. Les Juifs se voient refuser leurs droits élémentaires à la propriété et à la protection tandis qu’en vertu de la loi, les Arabes sont non seulement protégés mais ils sont à l'abri de poursuites s’ils ne respectent pas la loi du pays.

L'exemple le plus bizarre et frappant est la situation du quartier de Chimon Hatsadik, un quartier de Jérusalem connu sous le nom de Sheik Jarrah. Là-bas chaque vendredi, des militants autoproclamés pacifistes fomentent de violentes émeutes avec les Arabes locaux pour essayer de vider le quartier de ses Juifs.

Les Juifs qui vivent là-bas ne sont pas des squatters illégaux. Ils sont les propriétaires légaux de leur propriété qui ont dû se battre devant les tribunaux pendant des années pour recouvrir leurs droits. Ce que nous voyons dans le quartier de Chimon Hatsadik chaque vendredi, ce ne sont pas des manifestations pacifiques contre une discrimination de la minorité arabe, ce sont des assauts violents organisés contre la notion même d'application de la loi. Et ces assauts sont organisés par un consortium d'arabes et d’extrémistes de gauche qui croient que les Juifs n'ont pas de droit civiques parce qu'ils sont juifs.

Face à ces émeutiers, la municipalité de Jérusalem est paralysée en raison de la réaction sans précédent de l'administration Obama au printemps dernier, qui a suivi la décision par le comité du plan d'urbanisme d'approuver la construction d'unités de logement dans un quartier juif de Jérusalem

Aujourd'hui le maire Nir Barkat, tente d'ignorer les ordres du tribunal de détruire des dizaines et des dizaines de constructions arabes illégales dans Jérusalem Est par peur du tollé international qui s'ensuivrait.

La leçon de tout cela est suffisamment claire. Tandis qu'Israël est confronté à la colère internationale pour avoir refusé de rétablir l'interdiction de la construction juive en Judée Samarie, nos citoyens et nos dirigeants ont besoin de prendre une décision. Allons-nous prendre les mesures nécessaires pour protéger et renforcer notre démocratie libérale où la règle de droit est défendue et le principe de l'égalité devant la loi respecté ? Où allons-nous céder à la pression internationale et laisser l'État juif devenir une démocratie (de nom seulement) intolérante où seuls les droits des Juifs seront systématiquement bafoués ?
adapté de l'anglais par Danilette 

Lire également sur le sujet :
-A Rawabi on construit, à Ateret c'est interdit  http://jssnews.com/2010/08/31/a-rawabi-on-construit-a-ateret-cest-interdit-israel-2010/
-Gel des colonies palestiniennes http://jssnews.com/2010/10/06/israel-demande-le-gel-les-colonies-palestiniennes/
- article en anglais What about jewish farmers http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3965059,00.html

 

 

 

 

Publié dans Israël

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miryiam Sarah Wolf 06/02/2017 10:34

Merci pour cet article,mais en meme temps j ai des questions a poser avec l espoir de recevoir une reponse. Alors la Court Supreme Israelienne sur quelle base juridique considere les constructions juives en Judee et Samarie illegales et baties sur des terrains appartenant a des Palestiniens?? Pourqouoi le govt Israelien n as pris de positions?? Et quelles nationalite ont les Palestiniens de Judee et Samarie?? AM ISRAEL HAI tres cordialement Miryiam Sarah Wolf

danilette's 07/02/2017 12:40

Pour vous répondre, il faut que je relise cet article et que je trouve le temps, j'espère le trouver... Je peux juste vous répondre rapidement que la Cour suprême n'a pas eu à statuer en général, elle rend des décisions sur des plaintes, des requêtes déposées, par exemple à propos de la localité d'Amona récemment évacuée de tous ses habitants, il s'agissait d'une plainte d'une ong pro-palestinienne financée par des fonds étrangers, qui a trouvé un palestinien qui avait un titre de propriété sur une minuscule parcelle au milieu de la localité, à la limite il aurait fallu juste démolir et évacuer cette parcelle correspondant à moins de 1% de la superficie du village, et bien la cour a statué qu'il fallait tout détruire ! On peut aussi discuter sur la validité de ce titre puisqu'il s'agit d'un titre de propriété distribué par le roi de Jordanie entre 1949 et 1967 alors que la Jordanie occupait illégalement la Judée Samarie qu'elle a rebaptisé d'ailleurs "Cis-Jordanie" pour bien signifier que ce territoire lui appartenait ! Ces titres distribués n'ont pas de statut légal sauf à considérer que la Jordanie était bien l'occupante légale de ces terres ! La seule législation internationale légale est celle des accords de San Remo dans les années 20. Les palestiniens n'existaient pas ni d'ailleurs une quelconque palestine arabe. Dernier argument concernant Amona construit sur une colline caillouteuse et desertique, les arabes n'ont jamais habité sur les collines de Judée Samarie puisqu'il n'y avait pas d'eau, l'eau se trouvait en bas pas sur les collines ! C'est pour cela que jusqu'à aujourd'hui c'est un paysage caillouteux et aride...