Les menaces de l'Arabie Saoudite, Hubert de Beaufort

Publié le par danilette

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On se doit de rappeler encore une fois que l’Arabie Saoudite possède les premières réserves mondiales de pétrole, qu’elle est aussi le premier exportateur de cet or noir qui constitue le sang de notre civilisation. Elle arbitre de fait les débats de l’OPEP concernant les productions et les prix du baril : les dernières discutions ont été houleuses, car le Royaume, pour éviter une envolée des cours, a augmenté sa production, au grand dépit des autres participants, à commencer par l’Iran.

A 110, 120 $ le baril, les économies occidentales souffrent, et il est clair qu’avec des prix à 140 $ ou davantage, les crises financières actuelles déclencheraient des infarctus économiques, et même, pour l’Américain Kunsler, une crise de civilisation.

L’Arabie saoudite a toujours été un allié inconditionnel des Etats-Unis,tant sur le plan économique que géopolitique, or pour la première fois le prince Turki Al-Fayçal a publié dans le Washington Post, un article critiquant sévèrement le gouvernement Obama sur son refus de reconnaître l’Etat palestinien.

Rappelons que Washington a déclaré en effet qu’il s’opposera aux efforts pour délégitimer Israël.

Que dit le prince saoudien « Un veto américain à la reconnaissance d’un Etat palestinien aura des conséquences désastreuses sur nos relations ».

« Si les dirigeants américains pensent qu’Israël est un allié indispensable, ils vont s’apercevoir qued’autres acteurs dans la région sont autant sinon plus indispensables. Le royaume compte utiliser sa puissance diplomatique ».

La dernière phrase est claire : l’Arabie saoudite est désormais prête à utiliser l’arme financière et l’arme pétrolière.


Retrouver la lucidité et l’objectivité

Il est malheureusement clair que l’Amérique n’est plus en mesure de faire face aux crises géopolitiques actuelles. L’Irak est la victime quotidienne d’attentats qui déstabilisent un gouvernement impuissant à rétabli un ordre économique et social minimum, la guerre d’Afghanistan paraît sans issue, le Pakistan semble incapable de rétablir une démocratie acceptable.

Dans un tel contexte, l’Iran est oublié, le Yémen cherche une gouvernance, l’Egypte ne conserve que ses structures militaires, la Syrie subit ses répressions, la Libye vit sous des bombardements aux issues imprévues.

L’Occident déconcerté vit une des conséquences de printemps arabes qui ressemblent davantage à des hivers : une immigration anarchique que l’Europe ne peut accueillir, car elle se révèle massive.

Que doivent faire les gouvernants ? D’abord, retrouver la lucidité et l’objectivité. On ne résout pas les crises géopolitique par des formules creuses et faussement moralisatrices.

Notre moralisation démocratique est impuissante face au Pakistan refusant d’abolir sa loi sur le blasphème : ceux qui s’y hasardent sont exécutés sans que l’Occident n’osent une protestation.

Concernant la Libye, une récente enquête sur le gouvernement provisoire révèle que la majorité de ses membres seraient des islamistes militants et qu’Al-Qaïda serait approvisionné en armes lourdes !

Encore une fois, cessons de traiter les crises géopolitiques sans précédent que nous traversons par du vocabulaire sans consistance. Nos concitoyens perçoivent la gravité de la crise : ils sont prêts à l’effort, mais à un effort basé sur la vérité qui seule donne la voie de l’espérance.


Publié dans Arabes palestiniens

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