Les Palestiniens Américains rejettent l’adhésion de la Palestine à l’ONU

Publié le par danilette

 

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Le 27 août 2011, le Réseau des Communautés Palestiniennes aux USA (USPCN) a appelé toutes les associations palestiniennes et arabes à rejeter l’initiative visant à la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’Onu. Il considère en effet que l’initiative de Mahmud Abbas est injustifiée, irresponsable et met gravement en danger les droits et institutions palestiniens. Ce réseau, composé de plus de 20 structures démocratiquement élues dans le monde, se dit grandement préoccupé par les conséquences nuisibles de la reconnaissance de cet Etat palestinien, avis qui est également partagé par le Bureau National Palestinien pour le Boycott….

Ces structures palestiniennes (représentatives des palestiniens) estiment que la reconnaissance de l’Etat de Palestine est contraire aux droits des palestiniens : ce qui importe, ce sont «les droits fondamentaux des palestiniens», non la reconnaissance d’un Etat. Le document fournit alors la liste (classique) de ces « droits fondamentaux palestiniens » en l’occurrence : « Notre Droit au retour dans les maisons et propriétés dont nous avons été expulsés de force, notre droit à l’autodétermination et notre droit à résister au régime colonial qui occupe notre terre depuis plus de 63 ans». La déclaration conclut en indiquant que ces Droits ne sont pas négociables et qu’ils ne «peuvent être troqués contre des fausses promesses de paix et de stabilité». Aussi, ces organisations palestiniennes affirment qu’une demande tendant à la reconnaissance d’un Etat à l’ONU est, au mieux inutile, et au pire très dommageable pour les droits des Palestiniens.

Cette position palestinienne est tout à fait intéressante en ce qu’elle s’attache, non pas au principe de la paix avec Israël (avec d’éventuelles concessions réciproques) mais bien à celui de la destruction fantasmée de l’entité sioniste. Ainsi, et en continuant de réclamer la venue de plusieurs millions de palestiniens en Israël, il serait possible de faire disparaître l’Etat juif, alors que la création d’un Etat palestinien l’en empêcherait. Il serait simplement institué un « droit au retour » des palestiniens en Palestine, similaire à celui qui prévaut en Eretz Israël pour les juifs de diaspora. En outre, la reconnaissance de l’Etat de Palestine emporterait renonciation à la lutte armée dans la mesure où l’adhésion à l’Onu ne vaut que pour les Etats pacifiques (article 4 Charte Onu). Or, le recours à la force est un droit que les palestiniens considèrent comme étant fondamental et auquel ils ne veulent pas renoncer. En somme, cette analyse reprend la thèse classsique attachée aux fondements de la cause palestinienne (exprimée dans les Chartes olp et Hamas) qui consiste dans un don de soi, de génération en génération, jusqu’à la disparition de l’entité sioniste.

Notons que la position exprimée par le Réseau des Communautés Palestiniennes aux USA, fournit un autre enseignement. Les membres ne sont en effet pas des palestiniens de Cisjordanie ou de Gaza mais bien des personnes qui disposent de conditions de vie confortables aux USA : travail, sécurité sociale, liberté de pensée… Or, elles n’incitent pas leurs compatriotes à tendre vers des conditions de vie similaires mais bien à poursuivre le combat, un peu comme cette classe palestinienne privilégiée qui se vautre dans le confort et la luxure tout en exhortant le peuple palestinien à faire la guerre.

Pour s’opposer au projet de Mahmud Abbas, l’USPCN invoque tout d’abord l’absence de mandat du Président de l’Autorité palestinienne pour représenter le peuple palestinien, tant en Cisjordanie que sur la bande de Gaza, faute d’élection le lui conférant. Par ailleurs, il rappelle que les accords passés avec Israël l’ont été avec l’Autorité Palestinienne, ce qui les rendra de facto caducs, en cas de substitution de l’Autorité palestinienne par l’Etat de Palestine (cette position s’appuie sur la note de Guy Goodwin-Gill, Avocat et Professeur de Droit international de l’université d’Oxford qui rappelle que «l’Organisation de Libération de la Palestine » est le seul représentant légitime du peuple palestinien titulaire du siège de la Palestine à l’Onu). Dans ces conditions, et pour éviter de voir s’effondrer les piliers de la cause palestinienne, les organisations palestiniennes aux USA sollicitent tout bonnement la reconstitution de l’Olp sur une base démocratique et représentative.

S’agissant de la communauté internationale, la position des palestiniens américains illustre également le peu de cas qui est fait du principe « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». En effet, l’Onu se dit prête à examiner une demande émanant d’une personne qui n’a aucune qualité pour représenter le peuple palestinien alors que la décision aurait des conséquences pour lui. Ce faisant, elle occulte la volonté profonde des palestiniens qui y est hostile, tant sur la bande de Gaza mais également en Cisjordanie. En d’autres termes, l’Onu n’a pas tiré les leçons de l’échec de la résolution du 29 novembre 1947 qui avait décidé du plan de partage de la Palestine , rejeté par les pays arabes et les arabes de Palestine, à l’origine du conflit israélo-arabe (opportunément) devenu le conflit israélo-palestinien. D’ailleurs, l’Onu s’apprête une nouvelle fois à décider du mode de règlement d’un conflit selon un mode de partage de type colonial (en décidant du sort de terres alors qu’une telle décision ne dépend pas de sa compétence), ce qui la met en porte à faux avec les principes qu’elle est censée défendre. Enfin, la communauté internationale se prépare à reconnaître un Etat palestinien à partir de la projection qu’elle se fait du règlement du conflit, sans tenir compte de la réalité humaine et psychologique sur le terrain. Une fois encore, il ne faut pas être grand devin pour anticiper l’échec de l’entreprise.

En tout état de cause, et si Mahmud Abbas persiste dans sa demande le 20 septembre prochain, il appartiendra à l’Onu d’examiner tout d’abord la qualité de Mahmud Abbas (qui se présente comme agissant en qualité de mandataire d’un peuple), et par ailleurs, si sa demande traduit parfaitement l’opinion majoritaire de la population palestinienne. Toute décision de l’Onu qui ne prendrait pas en considération ce double critère serait parfaitement illégale et constitutive d’un abus voire d’un détournement de pouvoir.

La communauté internationale peine à comprendre que le règlement du conflit n’a rien à voir avec la bonne volonté des parties intéressées. La doctrine palestinienne repose sur le mode opératoire de Goebbels, Ministre de la propagande d’Hitler qui déclarait : « Mentez, mentez, il en sortira toujours une vérité ». De même, la doctrine palestinienne consiste dans la construction d’un mensonge idéologique distillé sans relâche aux palestiniens, qui mettra beaucoup de temps à s’effacer dans la mesure où la philosophie locale identifie l’individu à la cause et au combat pour gagner la terre. En d’autres termes, renoncer à la cause palestinienne (pour un palestinien) reviendrait à renoncer à lui même et à disparaître. Or, le mensonge est d’autant plus puissant qu’il cumule un double avantage : il encourage le commerce des armes tout en cultivant le sentiment de haine anti-juif.

La Vérité se révèlera d’elle même. Toutefois, et dans cette attente, il serait grandement utile pour l’Onu, qu’elle écoute la voix des palestiniens américains, et qu’elle leur donne acte de leur refus de voir reconnaître l’Etat palestinien en n’y procédant pas. Le cas échéant, elle découvrira que la reconnaissance de la Palestine (pour les palestiniens), n’est qu’une étape avant une captation de la Palestine, dans ses contours du mandat Britannique.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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