Les Palestiniens divisés en deux camps, Khaled Abu Toameh

Publié le par danilette

 

www.stonegateinstitute.org

Les Palestiniens sont aujourd'hui divisés en deux camps principaux à la fois physiquement et idéologiquement. 

Le premier est un camp radical dirigé par le Hamas et autres extrémistes. Ce camp ne reconnaît pas le droit à l'existence d'Israël et essaye de remplacer l'État juif par un émirat islamiste. 

Ce camp croit que tout le territoire, de la Méditerranée jusqu'au Jourdain, est un territoire musulman et que personne n'a le droit d'en céder une partie. 

Ceux qui pensent que le camp radical ne représente qu'une infime minorité de Palestiniens se bercent d'illusions. La victoire du Hamas aux élections parlementaires, municipales et autres conseils, au cours des cinq dernières années est la preuve qu'un grand nombre de Palestiniens soutient l'idéologie du mouvement islamiste. 

Le « printemps arabe » qui a vu l'accession des islamistes au pouvoir dans de nombreux pays arabes n'a fait qu'encourager le camp radical dans l'arène palestinienne. Beaucoup d'analystes politiques palestiniens et même certains dirigeants du Fatah à Ramallah sont convaincus que le Hamas gagnera les prochaines élections législatives quand elles auront lieu en mai, si elles ont lieu. 

Le camp radical palestinien dit ouvertement qu'il ne veut pas négocier avec Israël. Au mieux, ce camp est prêt à arrêter les attaques terroristes contre Israël temporairement. Mais quand les temps seront plus propices, les extrémistes reprendront leurs efforts pour éliminer Israël et établir un régime islamiste. 

Il est problèmatique que certains occidentaux ne veulent pas entendre les messages qui viennent des extrémistes. Plus inquiétant encore, il existe des Occidentaux et des Israéliens naïfs qui sont même convaincus que le Hamas est en marche vers le pragmatisme et la modération. 

Le deuxième camp palestinien est représenté par des « modérés » tels que Mahmoud Abbas et Salam Fayyad. Le problème avec ce camp, c'est qu'il ne bénéficie pas d'un grand soutien parmi les Palestiniens. Les leaders de ce camp sont souvent accusés par la population d'être des marionnettes entre les mains d'Israël et des États-Unis. 

Ce camp dit qu'il veut négocier avec Israël sur la création d'un État palestinien indépendant comprenant la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est. Mahmoud Abbas et ses fonctionnaires de Ramallah déclarent parfois que c'est le seul moyen de parvenir à une paix globale et durable au Moyen-Orient. 

Cette semaine, une fois de plus, après la cinquième session de négociations israélo-palestiniennes en Jordanie, où les représentants de M. Abas ont exigé un retrait total sur les lignes d'avant 1967, plusieurs groupes palestiniens radicaux y compris évidemment le Hamas se sont empressés de condamner cette revendication. 

Les radicaux ont annoncé que M. Abas n'a pas de mandat pour demander un État incluant « seulement » la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est. Les extrémistes veulent tout le territoire de « la mer jusqu'au Jourdain ». Ils veulent Haïfa et Jaffa avant Ramallah et Gaza. 

Compte-tenu du fait que le camp extrémiste ne représente pas qu'une infime minorité, il est évident que tout accord signé aujourd'hui avec Abbas et Fayyad sera rejeté par de nombreux Palestiniens. En d'autres termes, la création d'un État palestinien en Cisjordanie, à Gaza et Jérusalem Est ne mettrait pas fin au conflit israélo-arabe.

 

Publié dans Khaled Abu Toameh

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article