Les Palestiniens, who cares ? Guy Bechor

Publié le par danilette

 

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4187666,00.html

Depuis plus de 100 ans, on considère comme un axiome incontesté le fait que « le conflit israélo-arabe est la source de tous les conflits du Moyen-Orient ». Le monde entier pensait qu'il suffisait de résoudre ce conflit pour qu'une tranquillité cosmique descende sur toute la région. Il existe tellement d'études qui ont été écrites sur ce conflit qu'elles ont engendré une bulle menaçant d'exploser. 

Puis est venu le soi-disant « Printemps arabe » et la triste vérité a été exposée : le conflit israélo-palestinien est marginal par rapport aux vrais conflits de la région et son influence réelle est limitée. En effet, il s'agissait d'un conflit imaginaire servant des intérêts précis. 

Au fil des ans, les dirigeants arabes qui savaient que les questions ethniques, religieuses, tribales et régionales dans leurs pays était terribles et insolubles (c'est la raison de ce massacre atroce en Syrie), ont toujours utilisé Israël pour détourner l'attention. Ainsi, les masses arabes ignoraient leur détresse réelle et étaient occupées par l'habituelle incitation contre Israël. 

L'État juif, tel que l'imaginaire du monde arabe le décrit, le pays qu'aucun arabe ne connaît vraiment, est devenu le moyen de détourner tous les péchés du Moyen-Orient. Beaucoup de gens en ont fait une source de revenus et sont devenus célèbres grâce à ce conflit rentable : ils en ont fait une carrière. 

Pourquoi Saddam Hussein aurait-il dû révéler au monde la haine terrible qui existe entre Sunnites et Chiites en Irak ? Pourquoi Assad aurait dû dévoiler son règne alaouite sanglant en Syrie ? Pourquoi les Égyptiens auraient dû divulguer la terrible détresse économique de leur pays ? Et Kadhafi révéler les luttes complexes entre les tribus de son pays ? Et le Liban exposer son mélange chaotique d'ethnies et de religions ? Il est toujours préférable de cacher son linge sale et de détourner l'attention sur Israël en le condamnant, en le critiquant et en le dénigrant. 

Et ainsi, le conflit entre Israël et les Arabes est devenu une vraie méthode opératoire pour les dirigeants régionaux, il les a rendus légitimes aux yeux de leurs propres populations et du monde. Tant qu'ils parlaient de la brutalité d'Israël, personne ne pouvait parler de leurs propres brutalités. Ils ont imaginé qu'Israël était fragile et vulnérable alors qu'eux-mêmes étaient stables. C'est, bien sûr, l'inverse qui était vrai. 

Les masses arabes ont été trompées

Alors quand est venu le Printemps arabe, le public arabe a eu un moyen de s'exprimer pour la première fois de son histoire et brusquement il s'est avéré qu'Israël était une préoccupation lointaine et ne les concernait pas beaucoup. D'ailleurs, qu'est-ce que la détresse arabe réelle a à voir avec Israël ? Les Arabes se sont rendus comptes qu'à bien des égards, leurs dirigeants tyranniques les ont trompés par l'intermédiaire d'un Israël imaginaire. 

Si un État palestinien est établi, est-ce que, par exemple, Assad va se mettre à embrasser ses opposants intérieurs ? Est-ce qu'Ahmadinejad va se réconcilier avec ses ennemis ? Est-ce que les milices libyennes vont s'unir ? Est-ce que le Yémen retrouvera même un soupçon de stabilité ? Quel lien il y a-t-il ?  

Le Hezbollah a utilisé la même logique. L'organisation a acquis sa gloire éphémère pendant la guerre contre l'armée israélienne sur le sol libanais. Pourtant, une fois que le conflit a pris fin, le groupe a perdu sa légitimité dans le monde arabe. Le Hezbollah serait heureux de relancer son conflit avec Israël mais il se rend compte que l'État juif est puissant et, cette fois, a les moyens de détruire l'organisation. 

Les premiers à réaliser que leurs "actions" s'étaient effondrées ont été les Palestiniens. Au mois de septembre, c'est bien un geste désespéré qui a poussé Abbas à se tourner vers les Nations Unies. Il savait que la situation ne jouait pas en sa faveur. Après tout, si on s'intéresse enfin aux problèmes réels de la région, le masque palestinien n'a plus de raison d'être. 

Qui va effectivement se préoccuper de savoir si Abbas s'associe avec Khaled Meshal du Hamas ou non ? Est-ce que quelqu'un est vraiment affecté par cette mesure ? Lorsque tout le Moyen-Orient brûle, la question palestinienne n'est plus à l'ordre du jour. C'est la raison pour laquelle les réseaux internationaux tels que CNN ou France2 quittent Israël en ce moment ou ferment leurs bureaux. Quand les yeux sont rivés sur Damas, le Caire et Tripoli, le conflit israélien perd de son importance. 

Même si le conflit israélo-palestinien se réchauffe dans l'avenir, il constituera simplement un conflit parmi tant d'autres au Moyen-Orient plutôt que « la source de tous les conflits » comme il était perçu dans le passé. Israël qui était perçu comme un démon revient à ses dimensions naturelles dans la région : un petit pays, pas des plus influents, mais beaucoup plus légitime et intégré dans la région que dans le passé. Guy Bechor

Traduit par Danilette

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Commenter cet article

Marie 26/02/2012 13:01


"la triste vérité a été
exposée : le conflit israélo-palestinien est marginal par rapport aux vrais conflits de la région et son influence réelle est limitée", ah si cela pouvait
être vrai ! Il est marginal dans les faits objectifs mais malheureusement, son influence est démesuré...