Libye : Bilan, mensonge officiel et vérité, Christian Lambert

Publié le par danilette

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Lorsque les rebelles sont entrés à Tripoli fin août, la voix officielle et les médias ont chanté victoire. La guerre en Libye était terminée. Nicolas Sarkozy, grand chef de guerre, avait gagné. Il méritait le triomphe et, tel l’imperator romain, le front ceint d’une couronne de lauriers d’or, il pouvait aller sur son char célébrer au Capitole une victoire décisive.

Hélas, hélas, hélas. Tout cela n’est qu’illusion. La guerre n’est en rien terminée et aucun des problèmes posés à la Libye n’est résolu. Pire, l’intervention de l’OTAN sous la haute inspiration de Sarkozy, avec la bénédiction de Bernard-Henri Lévy, en a créé d’autres qui sont préoccupants, pour dire le moins.

Cette guerre de « libération nationale » a déjà provoqué quelque 60 000 morts, y compris les femmes et les enfants, dont certains ont été tués par les bombardements aériens franco-anglais (mais surtout français), au nombre, à ce jour, de 7100, plus les drones fournis par les Américains. Des dizaines de milliers de Libyens ont, en outre, été déplacés. 50 000 techniciens et ouvriers étrangers qui faisaient tourner le pays se sont enfuis.

La Libye est presque entièrement détruite. Plusieurs villes sont dévastées, les infrastructures gravement endommagées. La plupart des agglomérations à l’ouest sont privées d’eau et d’électricité. Les hôpitaux manquent de tout. Les Noirs africains, tous considérés par les rebelles comme étant des mercenaires de Kadhafi, sont arrêtés, torturés et massacrés. Dans les hôpitaux, des blessés loyalistes auraient été achevés par les insurgés. Il va sans dire que ce désastreux bilan est assez éloigné de la résolution 1973 des Nations Unies qui autorisait une intervention en Libye pour protéger les populations civiles, ce qu’ont souligné et déploré notamment la Russie, la Chine, l’Afrique du Sud et plusieurs pays africains hostiles à l’intervention militaire occidentale, jugée comme une ingérence inacceptable de type colonial.

À ce jour, plusieurs villes sont toujours aux mains des partisans du colonel Kadhafi, ainsi que la vaste région du sud libyen, aussi étendue que la France, le Fezzan, où le colonel, prévoyant, aurait fait aménager des bunkers. Plus grave est le fait que notre ex-ami et invité Muammar reçoit l’aide de l’Algérie, dont l’ambassade à Tripoli – je le signale en passant – a été pillée par les rebelles démocratiques dans la nuit du 21 au 22 août, de l’aide aussi des États africains limitrophes où déjà se sont rendus un certain nombre de kadhafistes avec armes et bagages, lingots d’or et liasses de dollars. Alors faudra-t-il porter la guerre en Algérie, au Niger, au Tchad, au Burkina Faso ? On voit à quel point, faute de sérieux et de connaissance du problème, celui-ci s’est envenimé.

Plus inquiétante encore est la montée d’Al Qaïda au Maghreb islamique, pour qui l’intervention franco-anglaise en Libye est, si j’ose dire, du pain béni.


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