Pourquoi il faut soutenir les révolutions arabes, Masri Feki

Publié le par danilette

Extrait d'un article Tempête sur le monde arabe : tout incite à l’optimisme 

Par Masri Feki © Metula News Agency

http://www.menapress.org/

Je reproduis ici un court extrait de cet article d'un spécialiste du monde arabophone qui présente un point de vue différent de ce que j'ai mis en ligne ces jours-ci

II. Pourquoi il faut soutenir les révolutions arabes

Nous ne devons pas renoncer à nos principes

 Au nom de quel droit ou de quelle référence idéologique, pourrions-nous soutenir des tyrans sanguinaires et corrompus ? Qu’en est-il des idées libérales que nous défendons et de notre humanisme ? Même si nous redoutons les conséquences immédiates d’une transition chaotique, je pense que nous pouvons soutenir les aspirations légitimes de ces peuples opprimés, tout en restant prudents. 

 L’intervention anglo-américaine en Irak, en mars 2003, a été à l’origine d’un grand débat : faut-il soutenir la démocratisation par la force, ou s’agit-il d’une ingérence injustifiée ? Une des raisons basiques évoquées à cette époque était que le changement de régime à Bagdad pourrait avoir un effet domino dans les pays voisins, et que cela déclencherait une série de révoltes populaires. Ce que nous vivons aujourd’hui va exactement dans ce sens, tout en coûtant moins cher aux Occidentaux, qui n’ont pas à envoyer leurs jeunes gens mourir pour les autres. Le réveil de la rue arabe, après un si long sommeil, devrait être salué avec force et conviction par tous ceux qui croient au Monde libre et à ses valeurs.

 Les pays arabes ne sont pas tous identiques

En Jordanie, il est vrai que l’opposition parlementaire est principalement islamiste, mais cela ne signifie pas que le mouvement contestataire de la jeunesse jordanienne l’est au même degré.

 A Bahreïn, la révolte est dominée par une dimension communautaire (un éveil de la communauté chiite, majoritaire dans le royaume et marginalisée, comme dans l’Irak de Saddam), mais cela ne signifie pas qu’elle est une cinquième colonne dirigée en sous-main par l’Iran. Beaucoup de nuances sont nécessaires. Je me focaliserai ici sur le cas de l’Egypte, que je connais particulièrement pour y être né et y avoir vécu une dizaine d’années.

 Le régime de Moubarak n’a jamais été un ami d’Israël

 Hosni Moubarak a certes gardé le silence durant les opérations israéliennes à Gaza, en décembre 2008-janvier 2009, mais cela s’expliquait davantage par une hostilité à l’encontre des terroristes du Hamas, proches des Frères Musulmans égyptiens, que par une véritable préoccupation pour la sécurité des Israéliens.

 La politique intérieure du système Moubarak était israélophobe et bien souvent antisémite : manuels scolaires antisémites et négationnistes, media et presse écrite contenant des appels à la haine raciale et à la violence contre les Juifs, cinéma antisémite subventionné par l’Etat, interdiction non-écrite pour les Egyptiens de se rendre en Israël (sauf en visite officielle) [2]. Ce, en dépit des accords de paix signés en 1979 ; à quoi il convient d’ajouter le boycott des produits industriels, agricoles, artistiques ou culturels israéliens, à l’initiative de ministres ou de personnalités proches du pouvoir.

 C’est ainsi que le ministère de la Culture avait longtemps refusé de traduire les livres, pourtant très critiques d’Israël, de l’écrivain Amos Oz [3]. L’un d’eux sera autorisé, parce que – comme un porte-parole du ministère ressentit la nécessité de l’expliquer -, il avait été traduit à partir de la version anglaise et non de la version hébraïque initiale !

L’ancien Premier ministre, Atef Ebeid, n’avait-il pas déclaré, dans l’exercice de ses fonctions, que « si l’Egypte avait les moyens de détruire Israël, elle n’aurait pas hésité à le faire » ?

 Il faut être frappé de cécité pour voir dans le régime de Moubarak un ami d’Israël. Alors que Netanyahou et ses ministres s’acharnaient à défendre le raïs agonisant auprès des dirigeants occidentaux, des personnalités publiques proches du pouvoir égyptien continuaient d’expliquer, au Caire, que le régime serait victime d’un complot sioniste, qu’Israël voulait son renversement pour semer le chaos et réoccuper le Sinaï, ou que Washington avait décidé de punir l’Egypte pour avoir refusé de lui accorder une base militaire qu’il réclamait [4].

Lire l'article en entier http://www.menapress.org/


 

Lire également son analyse très instructive pour mieux comprendre ce qui se passe dans le monde arabe, pardon arabophone  http://www.amazighnews.net/20080307168/Masri-Feki-La-negation-de-l-identite-amazighe.html

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