M.A.I. : Libye : l’aviation pilonne les civils, privés d’électricité et de communications. Un massacre à huis clos est en cours

Publié le par danilette

Pendant 42 ans, Kadhafi a trempé dans les guerres, les révolutions et le terrorisme

Libye : l’aviation pilonne les civils, privés d’électricité et de communications. Un massacre à huis clos est en cours

Les Chiites libanais seront déçus : ils ne pourront pas juger Kadhafi pour l’enlèvement de Moussa Sadr. Oseront-ils demander des comptes à la Syrie ?

lundi 21 février 2011 - 22h15, par Khaled Asmar - Beyrouth

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Selon plusieurs sources, les communications sont complètement coupées en Libye et entre le pays et l’étranger. Le régime cherche à réprimer à huis clos, et lance l’aviation contre la population. Des avions bombardent Tripoli et s’apprêtent à larguer leurs bombes sur Benghazi.

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Pendant ce temps, plusieurs diplomates ont annoncé leur démission. Après le ministre de la Justice, les ambassadeurs de Libye en Chine, en Inde et auprès de la Ligue arabe, c’est le tour d’un diplomate au Bengladesh et de deux autres à Washington qui quittent le navire avant son naufrage. L’ambassadeur de Libye à l’ONU a de son côté appelé le Guide Kadhafi à quitter le pouvoir, en vain. Un ministre libyen vient d’affirmer que Kadhafi est toujours dans le pays. Rappelons que son fils Saïf avait affirmé, hier, que le Guide restera à Tripoli et conduira lui-même la bataille contre la contestation.

Des sources libyennes affirment ce soir que Saïd Rached, l’un des dirigeants des comités populaires (l’équivalent d’une milice aux ordres de Kadhafi) et son fils ont été tués par les insurgés. Les télévisions « Al Arabiya » et « Al Jazeera » affirment de leur côté que l’aviation bombarde Tripoli, où l’électricité a été coupée. Des militaires confirment en outre que des ordres ont été donnés à l’aviation pour pilonner Benghazi dans les heures qui viennent. Les témoins affirment qu’un véritable massacre a été commis dans la capitale, vraisemblablement par les mercenaires qui ont été acheminés depuis l’étranger à bord d’avions, ce lundi après-midi.

L’armée égyptienne vole au secours de la population libyenne. Elle a installé des hôpitaux de campagne près de la frontière pour soigner les victimes de la répression et plus particulièrement les travailleurs égyptiens de retour de Libye.

Si la population libyenne souhaite en finir avec Kadhafi, après 42 ans d’un règne sans partage, d’autres préfèrent le juger pour les crimes qu’il a commis durant ces quatre décennies. Le Guide et le « Roi des rois d’Afrique », s’était accaparé les richesses et les revenus de son pays pour financer, à tour de rôle, les mouvements terroristes en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Il a mené deux guerres au Tchad et en Ouganda. Il a financé l’Armée révolutionnaire irlandaise (IRA), l’OLP de Yasser Arafat, puis les mouvements révolutionnaires palestiniens et des organisations terroristes africaines ainsi que des groupes islamistes...

De ce fait, Kadhafi fut, pendant longtemps, la bête noire de la communauté internationale, qui lui a attribué plusieurs actes terroristes, sans qu’il en soit réellement responsable. Il en va par exemple de l’attentat contre le bar « Label » à Berlin, de l’enlèvement de l’imam chiite libanais Moussa Sadr, ou encore de l’attentat de Lockerbie. A cet égard, il convient de lire ou de relireles révélations de l’ancien adjoint d’Abou Nidal, chef du groupe terroriste palestinien Fatah-Conseil révolutionnaire, concernant les attentats Label et Lockerbie, et l’enlèvement de Moussa Sadr.

Atef Abou Bakr avait en effet attribué l’attaque en Allemagne aux Palestiniens, l’explosion dans l’avion américain à l’Iran et l’enlèvement de l’imam chiite libanais à la Syrie. Les Chiites libanais, qui comptaient traduire Kadhafi devant la justice pour ce rapt toujours démenti, refusent de reconnaitre la responsabilité personnelle de Hafez Al-Assad dans la disparition de leur chef spirituel. Ils seront déçus de ne pas pouvoir juger le Guide, mais ils n’auront pas le courage de demander des compte à la Syrie. En tout cas, pas dans l’immédiat. Il faut attendre que le régime de Bachar Al-Assad soit renversé, à l’instar des autres dictatures de la région, pour espérer, enfin, connaitre la vérité sur la disparition de l’initiateur du Mouvement des déshérités au Liban.

Khaled Asmar

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