Mauvaise plaisanterie de l’ONU, la menace vient d’Israël Par Fiamma Nirenstein

Publié le par danilette

dimanche 9 mai 2010

Analyse de Fiamma Nirenstein sur la continuelle et dangereuse dérive de l’ONU en ce qui concerne le nucléaire iranien. Malheureusement c’est la confirmation que la politique d’Obama sur l’Iran n’a pas changé d’un iota. 
Le moment critique d’affronter l’Iran d’une manière décisive aurait dû avoir lieu cette semaine, avec tous les yeux braqués sur l’objectif de l’empêcher d’accéder à l’arme nucléaire.
Au contraire, cette semaine mémorable, pleine de paradoxes, a vu le succès d’Ahmadinejad, invité à New York à l’occasion de la Conférence de Suivi du Traité de Non-Prolifération Nucléaire de l’ONU. L’ouverture en grande pompe a donné lieu à un extravagant tête-à-tête, mettant au même niveau le Président iranien et Hilary Clinton, ce qui était certainement le rêve d’Ahmadinejad.

Le Président iranien, du haut de la tribune, a tenu un discours menaçant sur les risques graves encourus par le monde à cause des États-Unis et d’Israël et a défié à nouveau le monde entier sur le nucléaire : « Même si les sanctions ne sont pas les bienvenues, nous ne les craignons pas et la nation iranienne ne se laissera pas arrêter ». En bref, il va continuer son projet nucléaire. Pourquoi ne le ferait-il pas ? D’après les événements et d’après les rumeurs sur les décisions éventuelles du Conseil de sécurité, il semble que l’Iran pourra continuer à enrichir son uranium sans trop de difficultés.

La conférence aurait du vérifier la capacité du TNP à obliger ses signataires à respecter les règles, c’est-à-dire l’efficacité d’inspections des installations nucléaires, afin d’assurer l’équilibre stratégique du monde. De bonnes raisons pour enquêter, bien sûr, sur l’Iran. Mais la conférence a eu lieu dans le climat général de la politique de dénucléarisation prônée par Obama.

Ce climat de paix n’a pas fonctionné pour aborder la question du régime qui associe la construction avérée d’installations secrètes à une stratégie d’armement et d’alliances très agressive, mais au contraire, il a été utilisé pour lancer une campagne contre Israël, dont l’Egypte est le chef de file. L’Égypte est arrivée à la conférence après avoir convaincu les États-Unis d’adopter, comme cela s’est confirmé par la suite, la proposition d’un Moyen-Orient dénucléarisé.

C’est-à-dire d’affronter le thème du nucléaire israélien comme un thème central de la conférence. Les États-Unis ont tout juste pu éviter que la conférence demande des sanctions contre Israël pour son refus de signer le TNP. Mais mercredi en accord avec les quatre membres permanents du Conseil de Sécurité, ils ont signé un document pour un Moyen-Orient dénucléarisé.

Immédiatement après, le nouveau Directeur Général Yukiya Amano, a écrit une lettre à l’AIEA, l’Agence de contrôle de l’énergie atomique, pour demander conseil sur la manière de contraindre Israël à adhérer au TNP. Il semble que les États-Unis aient donné leur accord pour une prochaine conférence non pas contre le nucléaire iranien, mais contre le nucléaire israélien.

C’est-à-dire : alors qu’il se crée une situation terriblement menaçante, alors que l’Iran se précipite vers la bombe désormais à portée de sa main, que la Syrie a été arrêté pendant la construction d’une centrale nucléaire avec l’aide de la Corée du Nord, surtout en face de « la menace imminente d’un Iran nucléaire », alors que l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Turquie, les pays du Golfe ont commencé à développer leur arsenal nucléaire, les États-Unis se laissent prendre au piège de la propagande d’un Moyen-Orient dénucléarisé.

Et le pire est à venir si l’Iran n’est pas arrêtée. Parce que, s’il est vrai qu’Israël cache dans un nuage d’incertitude sa capacité nucléaire supposée être solidement implantée à Dimona depuis 40 ans, il est indéniable que dans les dernières décennies, en dépit de nombreuses guerres et de nombreuses attaques, il n’a jamais menacé personne car il s’agit d’un nucléaire défensif.

La dernière extravagance de la nouvelle mode iranienne s’est révélée par un dîner plutôt très bien fréquenté, offert vendredi soir par le Ministre iranien des Affaires Etrangères, Manouchehr Mottaki, pour les quinze pays membres du Conseil de sécurité. N’aurait-il pas été plus sensé que la réunion du TNP se concentre plutôt sur l’Iran ? Au dîner de Mottaki, au cours duquel de nombreux diplomates louaient la possibilité qu’il leur était offerte de s’exprimer librement, l’Ambassadeur du Japon Yukio Takasu a été jusqu’à dire, avec vraiment beaucoup de provocation, que l’Iran a le droit de continuer son programme nucléaire qui poursuit des fins pacifiques.

Donc, comme d’habitude, il suffit de prononcer « ONU » pour être en sécurité. Jusqu’à la prochaine catastrophe.

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