Méfiez-vous des idées reçues, une autre histoire d'Israël, Nina

Publié le par danilette

Image   Par Nina sur http://zakhor-online.com

Un ami m'a rapporté une histoire très banale concernant sa rencontre avec un homme brillant à Jérusalem. Cet homme, avocat de formation et de culture française, lui avoua que son engagement au fil des années avait quelque peu changé. Il s'employait à défendre son nouveau pays et enrageait comme beaucoup d'entre nous devant le parti-pris des médias, les historiens post-sionistes et les accommodements avec l'histoire d’Israël.


Une phrase de cet avocat retint son attention ainsi que la mienne à propos de Jabotinsky. Presque à mi-voix, il se disait partisan des thèses de Jabotinsky". Cet homme brillant dont nous savions peu sinon qu'il fut un sioniste hors pair fut décrit injustement durant de longues décennies comme un « fasciste ». Si les travaillistes israéliens et les intellectuels de gauche le disaient, à moins d'être un peu plus affranchis, alors c'est que c'était vrai.


Nous n'étions pas coupables. Le folklore, les guerres, le manque de livres traitant du sujet, tout ceci nous portait à croire qu'effectivement Jabotinsky n'était pas recommandable. Au premier abord...


Le livre de Pierre Lurçat « Histoire de ma vie » (édition Les Provinciales), remet enfin les pendules à l'heure. Jabotinsky est loin voire très loin de l'image qu'on nous en a donnée. Je ne m'exposerai pas en donnant une description de ce livre, d'autres l'ont fait avant moi. Il faut le lire, c'est tout. Je m’intéresserai toutefois aux langues qui se délient, aux historiens, journalistes israéliens qui connaissent cette période houleuse que furent les début de l'histoire d’Israël et la période cruciale qui précéda la reconnaissance de l'état juif.


Que savons nous ? Je parle de « nous » en tant que juifs, communs des mortels, sionistes ou pas, de gauche ou de droite.


Il était de bon ton de s'en remettre jusque dans les années 1980 entièrement aux israéliens médiatiquement connus. Shimon Peres par exemple : quel homme de paix !!!

Rabbin ? Immense général, signataire des accords d'Oslo.

Sharon ? Grand soldat, infatigable défenseur de l'état d’Israël.

Moshé Dayan et Golda Meïr : héros de toujours.


Tout cela est vrai bien sûr. Mais notre folklore a commencé à être plus nuancé au fur et à mesure qu’Israël devenait impopulaire. Non seulement nous perdions la guerre des images mais des juifs de gauche israéliens s'ingéniaient à vouloir donner les bâtons pour nous faire battre. Une série d'historiens israéliens, de professeurs d'Universités prestigieuses, d'intellectuels de tous horizons, d'écrivains, d'artistes ont commencé la guerre des juifs.


C'est avec effarement, inquiétude et souvent désespoir que nous, petits juifs de diaspora, assistions à cet éreintement quasi-quotidien du pays de notre âme. Notre peine était à son comble lorsque certains étaient en plus invités sur les plateaux télé en France, reçus comme de « bons juifs », hurlant avec les loups et encore aujourd'hui, ne se rendant pas compte qu'ils donnaient des gages aux futurs « Merah » que leurs actions seraient justifiables.


Les bons juifs de gauche israéliens contre les mauvais juifs de droite israéliens ou de diaspora, la guerre des juifs ne peut que réjouir nos ennemis antisémites.


Le mieux est que je laisse parler un spécialiste Assaf Sagiv :


Dans les années 30, en Palestine mandataire, deux grands courants se faisaient la guerre.


Le premier dirigé par David Ben Gourion dont se réclamaient l'HAPOEL.

Le second, dirigé par Zeev Jabotinsky et le Docteur Benyamin Zeev (Wolfgang) Von Weisl et leurs bras : le BEITAR.


Or, si d'aucuns pensent que le second était plus violent, ils se trompent. 


C'est bien le HAPOEL conduit par Ben Gourion qui cherchait querelle et initiait des rixes contre les membres du BEITAR.


Le principal grief entre ces deux factions se situait autour de la personne de Haim Arlozoroff qui fut assassiné en 1933 sur une plage de Tel Aviv. La droite reprochait à Arlozoroff ses pourparlers avec les nazis pour le transfert de juifs en Palestine contre tous leurs biens ou presque. La droite ne voulant absolument pas frayer avec les nazis.


Après l'assassinat d'Arlozoroff, deux membres du Beitar furent accusés mais relaxés par le Tribunal. Le mystère de la mort d'Arlozoroff reste entier même si certains éclairages récents semblent imputer ce crime aux nazis présents en Palestine et selon Tobie Nathan à Magda Goebbels qui fut la maîtresse de Haim Arlozoroff dans sa prime jeunesse.


Peu importe. En 1936, en pleine révolte arabe, Ben Gourion demanda à ce qu'une guerre soit entreprise contre le Beitar, le mouvement révisionniste de Jabotinsky. 
LIRE LA SUITE  ICI

Publié dans Monde juif

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pierre Itshak Lurcat 04/04/2012 17:09


Bonjour Danilette


Je voudrais contacter Olivier Ypsilantis


Avez vous son adresse mail?


Merci


hag sameah!
PIL

olivier ypsilantis 02/04/2012 16:40


Merci Nina, ton article est passionnant et tu me connais je n'ai pas l'habitude de flatter. Certaines tensions entre Juifs ne sont pas "descendues du ciel" mais ont un arrièrre-plan historique
aussi précis que complexe. Merci donc d'avoir commencé à demêler la pelotte. 

danilette 02/04/2012 16:48



Je m'associe à Olivier, cet article ouvre une brèche en abordant l'histoire de cette période très conflictuelle, quelle tristesse cette "Guerre des Juifs" qui ne date pas d'hier mais a toujours
existé comme en a témoigné Flavius Joseph