ONU : Navi Pillay accable les USA et le Canada dans son discours inaugural

Publié le par danilette

UN Watch en francais

La responsable des droits de l'homme à l'ONU accable les États-Unis et le Canada dans son discours d'ouverture de la session du Conseil des droits de l'homme 

sources: UN Watch en anglais, UN Watch en français

UN Human Rights Chief addresses the Human Rights Council © UN Photo/ Jean-Marc Ferré

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui comprend 47 nations, a ouvert hier sa session de trois semaines. Selon le calendrier officiel, la semaine prochaine, le 27 juin, le Conseil a prévu un débat de 90 minutes sur la Syrie avec l’éventuelle participation de Kofi Annan. La semaine suivante, le 2 juillet, le Conseil a programmé une journée entière consacrée aux violations présumées ayant lieu dans le « territoire palestinien occupé (OPT) », avec la participation de Richard Falk, l'expert sur la Palestine auprès du Conseil, désapprouvé l'année dernière par Ban Ki Moon, pour sa promotion de la théorie de la conspiration des attentats du 11 septembre.
UN Watch prendra la parole à plusieurs reprises au cours de la session au nom des victimes des régimes les plus iniques et pour veiller à ce que l'ONU se conforme aux principes de sa charte. 

Critiques de l'Amérique : la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a utilisé son discours majeur devant le conseil pour exprimer « sa grave préoccupation » au sujet des attaques de drones au Pakistan et pour demander l'ouverture d'enquêtes, reprenant ce qu'elle avait déjà dit lors de sa récente visite dans ce pays. Ces remarques ont déclenché dans la salle une agitation frénétique de la part de certains des pires régimes du monde dont Cuba, le Pakistan et l'Iran qui se sont empressés de citer ses propos dans leurs propres discours en séance plénière. Lire la suite 

Plainte à l'encontre du Canada : Mme Pillay a singularisé le Canada en citant une loi québécoise sur les manifestations publiques comme l'exemple alarmant d'un processus de restrictions de la liberté de réunion qui a cours dans de nombreuses parties du monde. Ces commentaires --qui passaient sous silence la Chine, Cuba, l'Iran ou l'Arabie Saoudite-- ont provoqué une réponse cinglante du Canada. 

La réponse d'UN Watch : UN Watch a été la seule ONG dans le débat à prendre la parole et à contester la critique déséquilibrée de Pillay concernant les États-Unis et le Canada, constatant comment son discours encourageait les coups de propagande des régimes répressifs du Pakistan et du Zimbabwe. Cliquez ici pour voir l'intervention de UN Watch

Exploitation par la Syrie de la remarque de Pillay contre le Canada : la critique disproportionnée du Canada par Pillay a été immédiatement exploitée par des régimes antidémocratiques pour détourner l'attention de leurs propres crimes.

La Syrie, qui fait face à une condamnation mondiale sur ses tueries de masse, a pris la parole en jubilant sur le fait que « la Haut-Commissaire a dit dans son rapport que la répression existe au Canada ».

Puis ce fut le tour du Sri Lanka, sur la défensive pour avoir refusé d'enquêter en 2009 sur la mort de 40 000 civils, qui a déclaré « qu'il était surpris par le Canada ».

Enfin, la Corée du Nord, accusée de graves atrocités a réprouvé le « comportement hypocrite du Canada » en déclarant qu'Ottawa « serait bien avisé de s'occuper de ses propres affaires ». Faisant écho aux remarques de Pillay presque mot à mot, la Corée du Nord a appelé le Canada à régler ce problème de « suppression de la liberté d'association et de la liberté de manifestations pacifiques ». 

Résolutions, bonnes et mauvaises : dans cette session du Conseil, les démocraties prévoient d'introduire une résolution sur la liberté d’Internet, une résolution sur la Syrie et une résolution visant à rétablir le poste d'observateur des violations de la Biélorussie, l'un des deux mandats sur des pays --l'autre étant sur Cuba--, mandats qui ont pris fin sur la requête de certains régimes répressifs, dans le cadre de la « réforme » de 2007. Pourtant personne n'essaye de rétablir un mandat sur Cuba. On ne sait pas encore si le Conseil obtiendra suffisamment de voix pour renouveler la résolution de l'année dernière condamnant la violence contre les homosexuels. 

Parallèlement, des régimes antidémocratiques vont présenter plusieurs de leurs résolutions y compris :

  • Une nouvelle résolution sur Israël et la flottille : le Conseil prendra connaissance d'un rapport spécial de la Haut Commissaire Pillay sur l'incident de la flottille en 2010, il y aura peut-être encore une nouvelle résolution pour condamner Israël, ce qui maintiendra cette question à l'ordre du jour de l'ONU.
  • Une résolution pour légitimer le terrorisme : le gouvernement de Cuba programme d'introduire des résolutions anti-occidentales sur « les droits culturels » et « la dette étrangère ». En outre, une résolution cubaine sur « le droit à la paix » est liée à un récent rapport de l'ONU qui notifie que « tous les peuples et les individus ont le droit de résister et de s'opposer à une occupation étrangère coloniale répressive ou à une domination dictatoriale ». Des experts redoutent que cela soit interprété comme une légitimation du terrorisme contre l'Amérique et contre Israël.

Traduit par Danilette

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