Pessah la Hagada, l'être père et l'être fils, 1987, Manitou

Publié le par danilette

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Transcription d'un cours du Rav Léon Ashkénazi, Manitou, ז"ל 
que vous pouvez écoutez ici

 

J’ai choisi comme sujet d’étude sur la Hagada les passages où la Hagadah formule le dialogue entre les pères et les fils. Ce sont les passages des 4 enfants que vous connaissez. Et nous allons d’abord en introduction découvrir le sujet lui-même, ensuite nous aurons une première lecture habituelle classique de la catégorisation des 4 enfants, c’est-à-dire des 4 manières pour l’enfant le soir de Pessa’h de poser la question à ses parents pour comprendre ce qu’il y a de différent dans le destin des familles d’Israël : Mah Nishtana ? Qu’y a-t’il de différent ?

 

Et cela est bien sûr focalisé sur l’événement de commémoration de la sortie d’Egypte, puisque cet événement de la sortie d’Egypte est le principe fondateur de l’histoire d’Israël. S’il y a donc une spécificité, s’il y a une différence, suivant le sens de «Mah Nishtana ? », dans l’histoire et l’identité d’Israël, cela s’enracine bien évidemment dans  l’événement commémoré le soir de Pessa’h, c’est-à-dire l’événement fondateur de l’histoire d’Israël en tant que peuple : la sortie d’Egypte.

 

Et j’ai choisi pour l’étude proprement dite le commentaire de ces passage de la Hagadah par le rav Harlap (Rav Yaakov Mosheh Harlap) Talmid ’Haver du Rav A.I. Kook, qui a formulé cela de façon suffisamanent claire, et nous aurons là une deuxième catégorisation des 4 enfants.

 

Le sujet est ce dialogue entre les pères et les fils à propos de Pessa’h et l’objectif met en évidence ce qu’il y a de spécifique, de différent, dans l’identité d’Israël et dans son histoire.

 

Je me baserais dans cette introduction sur une remarque du Rav Harlap qui se relie à la Haftara que l’on lit le Shabat HaGadol. Le Shabat qui précède Pessa’h est nommé Shabat HaGadol car il se réfère à un événement important 4 jours avant Pessa’h : la préparation du sacrifice de Pessa’h (4 jours avant Pessa’h) aux vues et aux sus des Egyptiens. Et cet évènement est considéré dans la tradition comme un événement miraculeux que je voudrais vous expliquer brièvement :

 

Dans la sensibilité religieuse dans cette civilisation égyptienne, on adorait les forces divines représentées sous des formes animales. C’est à comprendre à un niveau plus profond au-delà de l’apparente idolâtrie primitive. Ils reconnaissaient dans les morphologies animales ce que qu’elles représentaient comme modèle de destin pour la vie humaine. Ces religions de l’antiquité reconnaissaient comme divinités ce qu’on pourrait appeler en langage moderne « les forces de la nature », mais à un niveau beaucoup plus profond que simpement ce que nous connaissons dans la mentalité scientifique contemporaine, les lois qui régissent les phenomènes, les lois de la nture. Ils avaient une sorte de diagnostic des forces cosmiques qui étaient en travail dans les phenomènes naturels eux-mêmes et qu’ils considéraient comme étant le dévoilement de la divinité. Cela a été une sensibilité religieuse qui a été très riche, c’est une culture païenne extrëmement riche à laquelle les modernes sont peu sensibles, incapables de diagnostiquer ce que pouvaient être la ferveur religieuse de ces paganismes de l’antiquité. Et cela a été effectivement une richesse culturelle considérable, mais dans une atmosphère de fatalisme. On considérait que la vie humaine était soumise à des lois du destin de la même manière que les objets inertes sont soumis aux lois impersonnelles et déterminées que nous appellons « lois de la nature ». Ceci devrait être considérablement nuancé, mais enfin le terme qu’emploie les historiens des religions pour désigner ce  type de sensibilité religieuse que nous appelons païenne ou idolâtre est nommée l’astro-biologie.

 

C’est le terme consacré pour dire que les astres ont une influence sur l’histoire des êtres vivants, y compris l’homme. C’est cette sensibilité religieuse par rapport à laquelle Israël, lors de la sortie d’Egypte, va décrocher. Avec la révélation de la Torah se révélera un moment considérable de mutation dans la sensibilité religieuse de l’humanité : Ce n’est plus le destin qui est considéré comme étant la divinité mais c’est la Providence - une Volonté libre et qui juge la destinée de hommes d’après la loi morale. Il y a là une mutation radicale dans la sensibilité religieuse à ce moment-là. Elle n’est pas encore achevée si l’on considère l’histoire de l’humanité comme en cours d’évolution pour arriver à réussir cette mutation qui a commencé à la sortie d’Egypte.

Lire la suite de la transcription 

Publié dans Monde juif

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olivier ypsilantis 13/04/2012 11:09


Plaisir de découvrir ce nom, ici. Léon Ashkénazi c'est aussi Edmond Fleg, les EIF et la Maison de Moissac. A lire "L'Ecrit et la Parole". 

danilette 14/04/2012 20:39



Cher Olivier, est-ce qu'il y a un domaine du judaïsme que vous n'avez pas encore exploré ? C'est moi qui suis stupéfaite de l'ampleur de votre culture juive (et culture tout court) ! "L'Ecrit et
la Parole" est un de mes livres de chevet que je consulte pour retrouver des forces et de l'harmonie quand ma foi est sur le déclin comme cela m'arrive trop souvent parce que je suis loin
d'Israël... Je ne connais pas l'histoire de la maison de Moissac et je vais courir le lire sur votre site