Pour une solution à huit États, Mordechai Kedar

Publié le par danilette

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Mordechai Kedar, universitaire au département des Études arabes de l’Université Bar Ilan, avance une proposition innovante, du plus grand intérêt, qui met à mal la doctrine des « Deux États » comme solution unique du conflit israélo-palestinien alors qu’elle ne donne aucun résultat.

Israël se trouve aujourd'hui face à trois menaces immédiates : l'éventualité d'un Iran nucléaire, l'existence de bien plus de 100.000 roquettes et obus de mortier opérationnels venant de trois directions (Iran, Liban, Gaza, à qui il faut ajouter les terroristes de Syrie et d'Égypte), et la solution à deux États.

Les deux premières menaces paraissent évidentes, mais pourquoi pensons-nous que la solution à deux États peut conduire à la disparition de notre Israël bien-aimé ? Après tout, cette solution a recueilli une adhésion générale concernant Israël et déclenché plusieurs initiatives et feuilles de route internationales pour la paix. Mais ces démarches ont abouti en réalité au contraire des résultats attendus.

La création d'un État palestinien artificiel exigerait le déracinement des familles juives qui vivent dans les endroits où il n'y a pas de population arabe, et conduirait à des frontières non défendables pour la patrie juive. Au sein de l'Autorité palestinienne (AP) et du Fatah, les plus modérés désirent un État palestinien en tant que précurseur de la disparition définitive d'Israël. Le Hamas reste opposé à tout accord aboutissant à des frontières reconnues de l'État Israélien. Les projets de réunification du Hamas et du Fatah sont des stratagèmes conçus pour menacer dans un second temps la survie d'Israël et du peuple juif. Les récentes attaques du Hamas contre Israël sont à présent coordonnées avec des militants du Jihad islamique, pro-syriens et soutenus par l'Iran. Les Comités de résistance populaire constituent un groupe de plus d’action armée à partir de Gaza.

Les printemps arabes ont rendu la région beaucoup plus instable. Israël ne peut pas permettre au reste du monde de lui dicter une politique qui compliquerait encore la survie de la nation juive. Israël doit afficher ses propres solutions, indépendamment du soi-disant mouvement palestinien et du militantisme jihadiste qui apparait en plein essor. Si l'on ne fait rien, on suscite l'intervention de l'étranger.

Avant la création de l'État en 1948, le territoire dans son ensemble était désigné sous le nom de Mandat britannique sur la Palestine. Le peuple juif, présent sur cette terre en permanence depuis 3.285 ans était souvent qualifiées de "Palestinien" depuis le début des années 1920 et jusqu'à la création de l'État en 1948. Deux exemples montrent l'importance de cette distinction. The Palestine Post a été fondé par un juif américain en décembre 1932, sous le Mandat de Palestine, dans le but de soutenir la lutte pour un foyer juif. En 1950, 2 ans après la déclaration de l'État d'Israël, le journal a été renommé The Jérusalem post. Il en a été de même  du Palestine Symphony Orchestra rebaptisé désormais Israël Philharmonic Orchestra.

Les Arabes qui avaient émigré vers ce territoire à la jonction des 19 et 20ème siècle pour vivre et prospérer parmi les Juifs n'ont jamais voulu être appelés "Palestiniens" jusqu'à ce que l'on en fasse l'instrument commode de l'opposition à l'existence du Foyer juif. En 1964 la création de l'OLP a visé à substituer une forme post-étatique arabe à une forme pré-étatique juive.

Historiquement il n'y a jamais eu d’État arabe ou islamique de Palestine avec Jérusalem comme capitale. La capitale du « District de Palestine » après sept siècles d'occupation islamique était la cité de Ramle, à 30 km à l'ouest de Jérusalem. Il est très important que cette vérité historique soit reconnue comme base pour la paix.

Il n'y a pas de territoires occupés à l'ouest du Jourdain. Il y a des territoires disputés qui sont la conséquence des guerres menées contre Israël par ses voisins arabes jaloux de son succès. Aujourd'hui des Arabes vivent à l'intérieur de l'État d'Israël, et à Gaza, en Judée et en Samarie. Ces centres de population arabes ne disparaîtront pas, et cette population ne s'installera pas à l'intérieur de l'État d'Israël.

Gaza est déjà une entité semblable à un État depuis que le Hamas en a arraché le contrôle à l'OLP en juin 2007, divisant ainsi l'Autorité palestinienne en deux entités séparées. Si Israël est contraint de quitter la Judée et la Samarie aux termes d'un traité de paix, il est très possible que le Hamas, plus militant, prennent le contrôle de l'actuel régime AP/Fatah comme ils l'a fait à Gaza, à travers des élections ou par la force. Personne ne peut garantir qu'il n'en sera pas ainsi.

Du fait des dissensions tribales et du patriotisme local, on ne parviendra jamais à établir un gouvernement unifié des Arabes palestiniens vivant dans les agglomérations situées en Judée, en Samarie, et à Gaza. Comme l'OLP dans le passé, l'AP/Fatah et le Hamas ne représentent pas les véritables ambitions de la majorité des Arabes pacifiques qui ne désirent qu'une vie meilleure pour leurs enfants dans le cadre d'une gouvernance locale traditionnelle. La solution à deux États qui a échoué sera rapidement remisée dans les poubelles de l'histoire où elle a toute sa place.

Pour fonctionner, un leadership arabe doit être indépendant, proche de la population, et fermement enraciné dans une tradition et une sociologie homogènes. Israël et la communauté internationale doivent reconnaître et soutenir le leadership local des agglomérations arabes palestiniennes qui désirent établir des relations pacifiques durables comme cités- État indépendantes. La corruption permanente et les objectifs anti-israéliens affichés par les dirigeants de l'OLP, de l'AP/Fatah et du Hamas ont abouti à dilapider presque un demi-siècle, dans l'espoir futile d'éliminer Israël et de détruire ce que ses citoyens avaient accompli.

Les huit cités-État devront s'établir sur les aires de Jénine, Naplouse, Ramallah, Jéricho, Tulkarem, Kalkilia, la partie arabe deHébron, et la bande de Gaza. Les résidents locaux deviendront les citoyens de ces 8 pays indépendants. Un leadership arabe qui voudrait dominer ces Émirats palestiniens ou contourner leur autorité compromettrait un avenir de sécurité et d'opportunités économiques pour les citoyens de ces huit États indépendants.

La question des réfugiés arabes peut être résolue à condition que la stabilité règne dans la région. En 1948 environ 500.000 Arabes ont été déracinés, en vue du déclenchement de l'offensive arabe contre Israël. Au même moment environ 850.000 juifs ont été chassés des pays arabes et la plupart de ces réfugiés juifs se sont installés en Israël avec succès. Les réfugiés arabes ont subi des discriminations de la part des pays arabes de la région, en liaison avec les manœuvres de l'UNWRA. En conséquence pas un seul réfugié arabe n'a jamais été réinstallé nulle part. Sir Alexander Galloway, l'ancien directeur de l'Agence pour les réfugiés de Jordanie, déclarait à l'époque : « les nations arabes ne veulent pas résoudre le problème des réfugiés arabes. Ils veulent les conserver comme une plaie ouverte..., comme une arme contre Israël ». L'échec avéré des initiatives de paix qui étaient fondées sur des hypothèses erronées depuis tant de décennies n'ont fait que prolonger le problème des réfugiés arabes et leurs souffrances.

Les problèmes complexes nécessitent des solutions simples et applicables. Le développement d'Émirats palestiniens est une alternative viable, fondée sur la sociologie des divers tribus et clans de Gaza, de Judée et de Samarie. Cette initiative devrait apporter une paix stable à la région, et renforcer la sécurité d'Israël.

Titre original :The eight state solution a viable alternative for the future of Israel
Mordechai Kedar 23 avril 2013 
http://www.PalestinianEmirates.com

Pour un autre regard sur le Proche-Orient n° 10  Avril/Mai 2013
Traduction : "Pour un autre regard...."

Publié dans Mordechai Kedar

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