Pourquoi les Chrétiens tolèrent-ils que l'on dise que Jésus était Palestinien ?

Publié le par danilette


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par Evelyn Gordon, Commentary Magazine, le 26 décembre 2013
Traduction : Jean-Pierre Bensimon

A Noël, Mahmoud Abbas a encore répété que "Jésus était Palestinien". Pourquoi l'objection à cette révision de l'histoire juive et de l'histoire chrétienne qui efface le message des Évangiles, n'émane-t-elle que des Juifs?

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Cette année, Noël a charrié dans son sillage l'habituelle vague de révisionnisme historique palestinien, avec, en figure de proue, la proclamation rituelle que Jésus était Palestinien. Cela nous en dit long, comme l'a souligné Jonathan Tobin, sur l'État d'esprit des Palestiniens et sur les perspectives de paix. Mais pour moi, l'aspect le plus frappant de cette histoire, c'est que la critique de ce révisionnisme historique vient exclusivement des Juifs. Les nombreuses églises et organisations chrétiennes semblent ne rien trouver à redire dans cette affirmation. Après tout, ce n'est pas seulement l'histoire juive et la religion juive que les Palestiniens effacent ainsi : c'est aussi l'histoire chrétienne et la religion chrétienne.

Par exemple, que devient le fameux épisode où Jésus chasse les marchands du Temple, si comme l'affirment officiellement les Palestiniens, le Temple n'a jamais existé? (Ils s'y réfèrent sous le qualificatif invariable de "soi-disant Temple," voir par exemple ici  et ici .) Ou que devient Joseph, l'époux de Marie, qui appartenait à la Maison et au lignage de David (Luc 2:4), si, comme le disent les Palestiniens, le royaume de David n'a jamais existé?

Même si, au mépris de toutes les preuves, vous affirmez que Jésus n'était pas lui-même juif, toute son histoire rapportée dans les Évangiles se déroule dans un État juif largement autonome, sous autorité politique et religieuse juive, bien que soumis à un certain contrôle de l'Empire romain. Selon lesÉvangiles, ce sont des chefs juifs qui arrêtèrent et jugèrent Jésus, bien que les Romains eux-mêmes l'aient finalement crucifié. Si un État juif disposant du pouvoir d'interpeller et de juger n'avait jamais existé, (comme l'affirment de façon répétitive les Palestiniens, voir par exemple ici  et ici ) comment ce qu'il y a de plus fondamental dans le récit chrétien aurait-il pu se produire ?

Admettons, les Chrétiens les plus complaisants avec ce révisionnisme palestinien représentent généralement les Églises de gauche qui ne sont pas attachées à une lecture littérale de la Bible. Néanmoins, croire en Jésus est tout à fait fondamental, même pour les Chrétiens de gauche, et accepter l'inexistence des royaumes juifs historiques des Évangiles revient à dire qu'il n'y a jamais eu de Jésus.

Cela rejoint une autre question. De nombreux groupes parmi ces mêmes Chrétiens de gauche ferment aussi les yeux sur les massacres actuels de Chrétiens en Syrie et en Irak, sur les persécutions qui sont de pire en pire envers les Chrétiens d'Égypte, et sur les innombrables atrocités anti-chrétiennes dans le monde entier. Ils préfèrent consacrer leur énergie à diaboliser le seul pays du Moyen-Orient où, pour citer le prêtre arabe-israélien Frère Gabriel Nadaf, "nous nous sentons en sécurité" en tant que Chrétiens. Comme je l'ai déjà souligné, le contraste entre les épreuves terribles subies par les Chrétiens du Moyen-Orient et la sécurité dont ils jouissent en Israël conduit de plus en plus les Arabes chrétiens d'Israël à réviser leur précédente identification aux adversaires de l'État. Il en résulte que le nombre d'Arabes chrétiens volontaires pour servir dans l'armée israélienne a augmenté de plus de 60% cette année. (Cependant étant donné leur faible nombre au départ, le nombre absolu des volontaires reste minime). Mais cette révision ne s'est pas produite chez les Chrétiens anti-israéliens en Occident.

En bref, les dirigeants de groupements comme l'Église d'Écosse ou l'Église presbytérienne semblent prêts à sacrifier à la fois l'histoire chrétienne et la survie effective des Chrétiens, sur l'autel de leur volonté obsessive de saper les bases de l'État juif. La question à un million de dollars, c'est combien de temps leurs fidèles continueront-ils à tolérer cette parodie ?
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Publié dans Jean-Pierre Bensimon

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