Que reste-t-il à Assad après la dilapidation de l’héritage de son père ? Media arabe info

Publié le par danilette

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L’éditorial de Stefano B. C. (Rome)

 

Assad a transformé la Syrie en colonie iranienne et s’apprête à former un gouvernement militaire dirigé par un officier alaouite

 

L’altercation, la nuit dernière, entre Bachar Al-Assad et sa sœur Boushra, atteste que le président syrien est sur le point de tout perdre. Après son retrait du Liban et son isolement sur la scène régionale et internationale, depuis 2005, le Lion de Syrie se retrouve désormais seul face à la révolte du peuple syrien. Il est protégé par les Gardiens de la révolution iranienne et aidé par le Hezbollah, faisant de la Syrie un protectorat iranien.

 

L’opposant syrien Wahid Sakr affirme qu’une altercation a violemment opposé, la nuit dernière, le président Assad et sa sœur Boushra. Elle lui reproche d’avoir dilapidé l’héritage de leur père Hafez Al-Assad. Boushra s’était toujours opposée à la politique aventurière de son frère, notamment au Liban, qui a conduit au retrait forcé et humiliant de son armée du pays du Cèdre et à la perte de ce pays, jadis considéré comme le « joyau de la couronne » et comme le « poumon économique du régime », littéralement pillé par Assad et ses alliés libanais durant des décennies. En critiquant la politique de Bachar Al-Assad, Boushra militait indirectement pour la promotion de son mari, le général Assef Chawkate, au sein du pouvoir, en vue de le sauver. Lors de leur altercation, Boushra a d’ailleurs accusé son frère d’être responsable de la mort de son mari, tué dans l’attentat de la cellule de gestion de crise, le 18 juillet dernier.

Les divisions qui touchent désormais la famille Assad précipitent la chute du régime, notamment après les défections militaires et politiques de haut rang, dont la dernière est celle du premier ministre Riad Hijab. Ne faisant plus confiance aux politiques, Bachar Al-Assad s’apprêterait à nommer un gouvernement militaire, confié à un officier alaouite dont la loyauté est garantie. Aussi, par manque de confiance, la protection de Bachar et de Maher Al-Assad a été retirée aux officiers syriens, fussent-ils alaouites, et confiée aux Gardiens de la révolution iranienne, de plus en plus impliqués dans la répression.

En effet, l’enlèvement de 48 iraniens à Damas, samedi dernier, confirme la présence massive des Iraniens en Syrie. Plusieurs de leurs officiers superviseraient la contre-attaque visant à reprendre le contrôle de la ville d’Alep. En outre, plusieurs dizaines de combattants du Hezbollah ont été tués ces derniers jours à Alep. Ils sont discrètement enterrés au Liban pour éviter le soulèvement de la population chiite libanaise contre le parti de Dieu et sa direction, de plus en plus impliqués dans le bourbier syrien. Hassan Nasrallah est en effet dénoncé par sa propre base depuis l’enlèvement de 11 chiites en Syrie, présentés comme des pèlerins, mais qui seraient des combattants pro-Assad. Aussi, en réclamant leur libération, sans dire un mot sur la détention arbitraire de plusieurs centaines de libanais par le régime depuis des décennies, et en s’impliquant dans la culture et la production de drogues, Nasrallah et sa « résistance » suscitent le dégoût de plus en plus de Libanais qui prévoient sa fin proche, dans le sillage de la chute d’Assad.

Après la défection du premier ministre, de plusieurs membres du gouvernement et d’officiers supérieurs, ces dernières heures, et après les divisions au sein de la famille, la question légitime qui préoccupent les Syriens est de savoir « Que reste-t-il à Assad ? ». Rien, répondent les plus optimistes, sinon la fuite en Iran ou en Russie, à la ben Ali, ou finir en prison à la Moubarak, ou au cimetière à la Kadhafi.

Stefano B. C.

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Publié dans Syrie

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