Quel avenir pour Israël ? Abbé Alain-René Arbez

Publié le par danilette

 

Quel avenir pour Israël ?

Depuis longtemps, j’ai développé de profonds liens affectifs, culturels et spirituels avec Israël, sa grande Tradition, son petit Etat, ce qui m’incite en connaissance de cause à toujours privilégier les informations provenant de sources autres que les médias conventionnels pour suivre l’actualité.

Je mentionnerai brièvement trois événements pour moi riches de sens dans ma relation à Israël :

  • Le grand rabbin Safran de Genève, connaissant mes engagements pour Israël et contre tout antisémitisme, m’a un jour donné sa bénédiction, ce qui venant d’un grand spirituel et érudit de son envergure m’a fait chaud au cœur.
  • Lorsqu’il y a quelques années, je suis allé à Auschwitz avec un groupe de 150 Genevois, à la fin de la visite combien éprouvante de ce lieu, j’ai pris part en compagnie du grand rabbin Dayan et du pasteur Buunk, à l’animation de cette prière à trois voix au mémorial de Birkenau, ce fut un moment de compassion et de mémoire qu’on ne peut oublier.
  • A la soirée du Yom ha Atsmaout de 2007, au palais Wilson, l’ambassadeur Yitzhak Levanon m’a demandé d’assurer le discours d’accueil de la soirée devant ses 700 invités officiels, ce que j’ai fait en présentant les étapes et les enjeux du rapprochement entre catholiques et juifs depuis 50 ans, avec les voies prometteuses que cela ouvre pour notre époque.

 

L’Etat d’Israël de 1948 est pour moi la renaissance - sous forme de nation moderne - d’une réalité communautaire plurimillénaire qui n’a jamais cessé de perdurer à travers les aléas de son histoire : le peuple juif. L’apport culturel et spirituel de ce peuple a changé la face du monde.

Si souvent attaqué sur sa terre depuis ses origines, puis méprisé et persécuté par les chrétiens pendant d’interminables périodes, Israël est porteur d’un message unique, sans lequel Jésus n’aurait aucune consistance, sans lequel aucune Eglise n’existerait, et sans lequel les droits de l’homme issus des dix commandements se videraient de toute substance.

Cette tradition hébraïque est aussi à l’origine d’un best seller universel, la Bible, traduite dans toutes les langues et source créative de spiritualité et de civilisation.

Ce n’est qu’en 1965, lors du Concile Vatican II, que l’Eglise a pu tourner la page de l’antisémitisme chrétien, non sans difficultés. Elle a de ce fait rejeté les fausses théories du déicide et de la substitution, en rouvrant les yeux sur sa propre identité issue de la tradition hébraïque; mais en raison de la fragilité de sa théologie du judaïsme, les mentalités antisémites n’ont pas disparu pour autant, tant chez certains intellectuels que dans le public chrétien.

Le Vatican a enfin reconnu officiellement l’Etat d’Israël en 1993 et un accord bipartite a été signé. La question reste de savoir comment traduire aujourd’hui ces retrouvailles fondamentales et tisser des liens vitaux entre chrétiens et juifs, frères d’alliance, car dans ces temps troublés, Israël devrait en toute logique trouver une proportion considérable de chrétiens à ses côtés, ce qui ne semble pas être pour encore le cas. Cela dit, un nombre significatif de chrétiens en Europe et aux Etats-Unis se sentent concernés par Israël et ses problèmes de légitimité et de survie.

De nos jours, cependant, - et ceci n’excuse pas cela - l’antisémitisme musulman est encore plus redoutable pour Israël que les indifférences ou les hostilités chrétiennes récurrentes. Car – contrairement aux dérives chrétiennes séculaires que ne justifiait en réalité aucun dogme - cette haine du juif est constitutive de la tradition coranique où s’enracinent les revendications arabo-musulmanes accompagnées de violence verbale ou physique envers les infidèles, surtout les juifs.

Concrètement, on peut même dire en toute lucidité que le moindre espoir de changement dans l’islam envers les juifs et les chrétiens est impossible à imaginer, puisque la lettre du message mahométan est immuable et sacralisée. Des réformateurs anciens et modernes de l’islam y ont laissé leur vie pour avoir voulu relativiser les appels au meurtre des passages coraniques les plus haineux, sans oublier les hadiths ultra belliqueux qui ont également valeur sacrée. 

Le fait est que le mot PAIX, si souvent manipulé de manière incantatoire, n’a pas du tout le même sens pour les uns et les autres, ce qui rend tout règlement durable du conflit palestino-israélien automatiquement fragile. Puisque là où l’islam est présent, sa doctrine jihadiste conduit à l’agression des non musulmans, ce que confirment objectivement les faits historiques anciens et récents dans les multiples régions islamisées. En raison de cela, les zones de peuplement autrefois prospères en populations chrétiennes et juives sont aujourd’hui dominées par l’islam : la Turquie, l’Afrique du Nord, plusieurs pays d’Orient ; il en est de même pour une partie de l’Inde et d’autres régions asiatiques.

Dans de nombreux pays, les minarets ont remplacé les coupoles des synagogues et les clochers des églises. L’Europe oublieuse de ses racines prend le même chemin, subissant en trois décennies un transfert colonisateur de populations allogènes jamais vu dans son histoire.

 

Or, face au délire islamiste et à ses projets d’expansion, le pape Benoît XVI dans son discours de Ratisbonne insistait sur la place centrale de la raison dans toute religion digne de ce nom. Suite à cette dénonciation de tout lien automatique entre religion et violence, traditionnel en islam, une indignation générale a soulevé les milieux musulmans, outrés par principe.

C’est cette même interférence politico-religieuse, congénitale à l’islam, qui menace directement la survie d’Israël, et qui remet en cause le lien du peuple juif à Eretz Israel. Or la terre ancestrale, selon les Ecritures, fait partie de l’alliance et a été confiée par Dieu à son peuple pour toujours. 

Ma première découverte d’Israël date de 1970, alors que j’étais étudiant en théologie. Mon arrivée à Lod avec El Al a été mouvementée, l’avion d’El Al précédent (que j’avais « providentiellement » raté à Zürich) ayant subi un mitraillage de terroristes palestiniens sur le tarmac dès l’atterrissage.

J’ai eu par la suite l’occasion d’approfondir mes nombreuses questions autour de ces controverses et de clarifier l’imbroglio de la situation rendu opaque par les discours d’idéologues.

Depuis lors attaché à l’historicité d’Israël et à la spécificité du christianisme qui en dépend directement, je défends donc aujourd’hui la légitimité d’Israël dans son intégrité territoriale, culturelle et spirituelle. Ce qui implique la sauvegarde, par l’Etat hébreu, des lieux saints bibliques, avec la préservation de son patrimoine, clé permanente d’un judaïsme vivant, mais aussi la protection des lieux saints chrétiens dont l’existence même est issue de la tradition qui les a précédés.

C’est pourquoi, en prévision d’inévitables provocations en chaîne liées à l’islamisation du conflit, j’opte clairement pour une Jérusalem indivisible, capitale démocratiquement gérée par l’Etat d’Israël, qui selon la Constitution assure le libre culte des religions présentes.

Quant à la création d’un « Etat palestinien » inédit en Judée et Samarie, la viabilité de la formule semble aujourd’hui remise en cause, étant donné la montée en puissance du Hamas et du Hezbollah désormais partenaires, y compris dans le programme de destruction. Ce qui me semble aujourd’hui complètement relativiser le sens antérieur de l’annonce d’un 57ème état islamique  (dont l’Autorité survit à la corruption généralisée grâce aux milliards d’euros de subventions versés par l’Union européenne). N’aurait-il pas été plus simple d’associer les Territoires arabes à l’Etat quasi-palestinien de Jordanie, Gaza revenant sous administration de l’Egypte, co-signataire de son blocus ? 

Sur la base de ses réactions défensives aux attaques terroristes continuelles, Israël est quotidiennement diabolisé par des Occidentaux amnésiques qui refusent de comprendre son histoire réelle et son dilemme. L’aveuglement géopolitique de l’Europe est affligeant et périlleux pour la région et pour le monde libre.

Mais au-delà de sa confrontation actuelle (qui est aussi celle de la civilisation avec les forces obscures), Israël vivra, je l’espère et je le crois, en raison de sa vocation particulière ; l’Etat hébreu perpétuera l’aventure multimillénaire de son peuple rescapé, ainsi que son message humaniste bénéfique pour toute l’humanité !                             

 

Abbé Alain René Arbez,

Genève (Suisse)

 

 

Publié dans Monde chrétien

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Commenter cet article

POP O POP ô 28/10/2011 17:43



je lis par hasard


je pense bien que oecuméniste et universaliste, ou parsquue je le suis,


que la terre va traverser une dure epreuve


tius les sines st au rouge


et israel devra survivre, pour permettre tt simplement la survie du monde



danilette 23/05/2011 14:23



Ecoutez, vos expériences personnelles, je m'en fiche ! Votre commentaire vole très bas, je suis obligée de le laisser pour ne pas avoir l'air de "censurer" ! Mais qu'est-ce que cela a à voir avec
mon ami, l'abbé Arbez et son article ? C'est complètement hors sujet !



Jean-Pierre 22/05/2011 14:55



Le pape comme référence,ce pape-là particulièrement,moi,j'aurais honte!De toute façon,il y a belle lurette que j''ai quitté le catholicisme,disons l'idée-même d'une religion,et cela,de mon propre
fait,de mon expérience de jeune homme.Je m'excuse,Danilette,vous m'offrez la possibilité de m'exprimer sur votre blog,mais la pensée des abbés,je m'en fiche.la "congénitalié"-terme horrible,en ce
qu'il désigne d'imprescriptible,de définitif...est bien faiblarde :l'Eglise catholique ne considère-t-elle pas que le Monde lui appartient:toutes les âmes humaines,qu'il convient de soumettre,et
comment y parvenir sans le Politique?La même démarche que l'Islam.Rouerie et componction sont de mise,je me souviens très bien des abbés de mon enfance:non,merci!Je vous laisse à vos bulles et
fatwas.