Qui menace donc la stabilité du Moyen-Orient ? Jean-Pierre Bensimon

Publié le par danilette

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Le jeune journaliste et essayiste anglais Douglas Murray l’a dit avec des mots simples : « Rarement dans l’histoire diplomatique, quelque chose d’aussi faux a été véhiculé par tant de gens, pendant aussi longtemps. » (1) C'est pourquoi il n'est guère surprenant que dans les mois qui viennent de s'écouler, Laurent Fabius, François Hollande et Barack Obama aient fait presque simultanément la même déclaration.

 

Il s’agissait d’affirmer publiquement, sur le mode mesuré et convaincu du pédagogue, qu’Israël est la source principale de l’instabilité au Moyen-Orient. En premier Laurent Fabius. Le 22 août, il rode à Paris sa déclaration dans un entretien radiophonique avec Jean-Claude Bourdin : « on parle moins du conflit israélo-palestinien, mais c'est dans un sens la mère de toutes les batailles si je puis dire. », et la délivre le 24, deux jours plus tard, en visite chez Mahmoud Abbas à Ramallah : « il demeure que la question israélo-palestinienne est une, et peut être la question centrale de la région… » 

 

Israël est visé mais aussi les Palestiniens, peut-on penser, puisque c’est « le conflit israélo-palestinien » qui est mis sur la table. Et bien pas du tout. Fabius a donné d’emblée le fond de sa vision : « Il n'y a pas de paix sans justice. Justice n'est pas rendue aux Palestiniens. Il faut que justice leur soit rendue » Il faut être aveugle pour ne pas voir que le doigt accusateur du ministre désigne Israël. Trois jours plus tard, le 27, François Hollande s’adresse aux ambassadeurs français réunis à Paris. Il énonce les valeurs auxquelles le monde arabe doit adhérer et trace la perspective d’une « Méditerranée des projets ». Et il conclut : « Mais j’ai bien conscience que rien de solide ne pourra se faire sans que le conflit israélo-palestinien n’ait été réglé. » 

 

Un mois plus tard, le 24 septembre, à l’ONU, Barack Obama fait tout aussi fort. Il identifie deux questions centrales : « la volonté de l’Iran d’obtenir des armes nucléaire et le conflit israélo-arabe ». Et il poursuit : « Bien que ces questions ne soient pas la cause de tous les problèmes de la, région, elles ont été une source majeure d’instabilité depuis trop longtemps. » Et pour lever toute ambigüité sur la cible de son blâme, il poursuit : « [Les jeunes gens de Ramallah] …sont choqués de voir leurs familles subir les outrages quotidiens de l’occupation... »

 

Nous sommes à la mi-2013. La Syrie brûle dans l’horreur. Des massacres secouent l’Egypte à la chute de Morsi, certains déciment les Frères musulmans et d’autres sont commis par les Frères musulmans à l’encontre des Coptes. L’Irak hurle dans l’horreur des carnages infligés par les sunnites aux chiites, et par tous aux Chrétiens. La guerre redouble au Yémen et ses flammes lèchent le sud de l’Arabie. On tue en Libye où l'État s'est évanoui. En Tunisie, la rue fait trembler le pouvoir islamiste et une guérilla pointe à la frontière algérienne. On pourrait poursuivre.

 

Et voila que des dirigeants occidentaux parmi les plus éminents piétinent l’évidence aveuglante des fait et imputent plus ou moins directement ce chaos à l’État hébreu. Dans quel but ? Il y a cette volonté obsessive de faire pression sur Israël pour qu’il accepte les exigences de Mahmoud Abbas, en faisant l’hypothèse que le problème serait réglé par des concessions. On veut aussi envoyer un message d’empathie au « monde arabe » même s'il est aujourd'hui insaisissable, même si ses contours sont désormais très incertains.

 

La Reine de Cœur de Lewis caroll trépignait en hurlant une fois par minute à l'oreille d'Alice: "Qu'on lui coupe la tête !" La vérité, l'hygiène mentale aussi, justifient que l’on examine de plus près cette falsification répétitive, « portée par tant de gens depuis si longtemps, » et baptisée souvent « théorie de la centralité ».

 

Les origines du chaos arabe ne sont pas mystérieuses. A la différence de l’Asie et de l’Amérique du sud, voila des sociétés qui ont été incapables de s’inscrire dans la modernité au sortir de la période coloniale. Elles cumulent l’échec économique et technologique, l’omniprésence de régimes politiques dictatoriaux ou théocratiques, et l’incapacité d’offrir le moindre avenir à une jeunesse nombreuse. Plus au fond, cette funeste ankylose renvoie à l’héritage d’une culture tribale renforcée par la domination des courants intégristes de l’islam. Dans ce contexte la violence et le sang répondent à la révolte inévitable, et des forces totalitaires antagoniques se succèdent au pouvoir. LIRE LA SUITE

Publié dans Jean-Pierre Bensimon

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