Rappel de la Charte de Munich, Alexandre Krivitzky

Publié le par danilette

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Réponse à Michael Blum sur l’article « Qui a tiré à Bruxelles ? »

En lisant votre article, on a le sentiment que la presse a été injustement accusée « par certains sites juifs » d’avoir pressé la gâchette du tueur.Nul ne conteste votre truisme : le coupable reste le tueur et personne d’autre. Ne vous sera pas davantage contesté le droit à vos opinions personnelles sur le conflit israélo-arabe. Pour autant, vos partis pris idéologiques ne vous autorisent nullement à exonérer la presse d’une accablante responsabilité dans la mise en place du nouvel antisémitisme caractérisé par l’antisionisme et la haine anti-israélienne.J’épargnerai au lecteur les poncifs sur le droit légitime à critiquer la politique des gouvernements israéliens.

 

Vous écrivez que l’antisémitisme existe depuis des millénaires. Certes. Mais prétendre qu’il « n’a rien à voir avec ce qu’écrivent les journalistes » relève, au mieux, du déni de réalité nourri d’ignorance et de préjugés. Au pire de la manœuvre perverse. Pour Marc-François Bernier, professeur à la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa « la vérité, la rigueur et l’exactitude, l’intégrité, l’équité et l’imputabilité » constituent les « piliers normatifs du journalisme »1 et contribuent à sa crédibilité. Ne vous étonnez donc pas que celle-ci vienne à cruellement manquer à vos confrères de la presse française mainstream dès qu’ils se mêlent de traiter du conflit israélo-arabe.

 

Les exemples abondent, dont je ne rappellerai que le dernier en date : la mort filmée de deux jeunes Arabes non loin de la prison d’Ofer qui se révèle n’être qu’une grossière supercherie comme le démontrent les vidéos. On peut lire à ce sujet l’analyse fouillée de l’agence Menapress.

 

Les grotesques montages de Pallywood pourraient être risibles si leur parangon, la falsification al-Dura, n’avait causé tant de victimes juives. La presse française a ainsi mis le pied gauche dans cette supercherie glissante et malodorante, à commencer par le Monde sous la plume de Laurent Zecchini. Où a-t-on lu un quelconque démenti, voire un semblant d’excuse ? L’occasion était trop belle de salir Tsahal ou la police des frontières.

 

L’emploi de termes inadéquats par les journalistes victimes consentantes de leurs présupposés idéologiques est permanent : activistes, militants voire résistants (!) pour terroristes ; colonies pour implantation ; territoire occupé pour disputé, etc. Le double standard exigé au seul Israël (réponse disproportionnée à la violence terroriste !) rappelle la perversité des manœuvres de la majorité automatique anti-israélienne à l’ONU.

 

On pourrait au minimum attendre des journalistes qui traitent de ce conflit une connaissance historique et géopolitique. Or l’ignorance de l’histoire le dispute à la manipulation révisionniste assumée. Le travestissement des faits ou l’absence de leur vérification vient nourrir une propagande qui tire ses racines d’une nostalgie des luttes anticolonialistes qui ne trouve plus d’ennemis à pourfendre. A titre d’exemple, vous estimez que « le quartier de Pisgat Zeev, dans la partie conquise en 1967 par Israël, est un quartier de colonisation ».

 

Je croyais sottement que Jérusalem avait été délivrée en 1967, comme la Judée Samarie, d’une occupation jordanienne consécutive à une guerre déclenchée par les pays arabes refusant la résolution 181 l’Assemblée générale de l’ONU. Que la prétendue « communauté internationale » ne reconnaisse pas les faits historiques ne signifie aucunement qu’elle soit en accord avec le Droit international. En cette occurrence, Patrick Fandio n’est qu’un petit télégraphiste de la propagande arabe.

 

Nul besoin de lire Le Monde ou regarder Antenne 2 pour commettre un attentat, je vous l’accorde. Mais votre plaidoyer insane en faveur de l’intégrité de la presse française relève au mieux d’une solidarité confraternelle de mauvais aloi — similaire à celle manifestée par le SNJ envers Clément Weill-Raynal lors de la sordide affaire du mur des cons ? Au pire, elle relèverait d’une malhonnêteté intellectuelle devenue au fil du temps seconde nature, ce que je ne puis imaginer venant d’un journaliste de l’AFP. À propos de cette agence de presse impartiale, je ne résiste pas à l’envie de rappeler l’épisode de l’imposture du tracteur ayant soi-disant roulé sur un ouvrier arabe.

 

Ce qui est dangereux pour démocratie et liberté d’opinion n’est pas l’amalgame entre presse et terrorisme, comme vous l’écrivez. C’est l’absence de respect des articles 8 et 9 de la Charte de Munich, censée réguler l’exercice du journalisme au quotidien :

 

Article 8 : s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondements ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.

Article 9 : ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste.

 

L’excellent article d’Isaac Franco paru dans ces colonnes porte sur l’incohérence de certains politiques. Ne rien vouloir admettre de l’accablante responsabilité de la presse dans la haine anti-israélienne, nouvel avatar de l’antisémitisme est tout aussi incohérent. Et, pour reprendre vos propres termes, »irresponsable et stupide ».

 

1- 1 Marc-François Bernier, Éthique et déontologie du journalisme, Presses de l’Université de Laval, Québec, 2004

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