Après 30 ans d'exil, la 1ère déclaration de Qaradawi : "nous allons libérer la mosquée Al Aqsa"

Publié le par danilette

Il FOGLIO -
 Giulio Meotti : "  Dopo trent’anni d’esilio Qaradawi torna al Cairo: Libereremo al Aqsa"

 Youssouf Al Qaradawi



Rome, Giulio Meotti.

"Vous avez gagné sur les Pharaons", a déclaré hier le Cheik Yusouf al Qaradawi à deux millions de manifestants rassemblés sur la place Tahir au Caire. La BBC a fait ce commentaire : "il y avait plus de gens rassemblés en prière sur la place principale égyptienne que dans toute la Mecque".
C'était la marche de la victoire après la chute du régime égyptien, il y a une semaine. Les versets du Coran ont scandé le discours de Qaradawi qui est le "gourou" des Frères musulmans. Le terme pharaon a été utilisé pour la première fois par les islamistes contre le président Anouar el-Sadate, tué par un commando terroriste en 1981 ("Assassinat d'un Pharaon", c'était le titre d'un film iranien célébrant l'assassinat de Sadate). C'est l'année même où Qaradawi fut exilé d'Égypte : le régime de Moubarak de l'époque l'empêchait de tenir des sermons à la mosquée et le présentait comme un prédicateur de haine. Le célèbre spécialiste du monde arabe, Barry Rubin, compare le retour de Qaradawi à celui de l'ayatollah Khomeiny à Téhéran : "le 18 février est une rupture dans l'histoire égyptienne" a-t-il dit.Même la chaîne Al-Arabyia considère Qaradawi comme la personnalité religieuse qui jusqu'à présent manquait à la révolution égyptienne.
Banni des États-Unis, Qaradawi s'est établi à Doha, protégé par l'émirat du Qatar où il est devenu une star de la chaîne satellitaire la plus suivie des Arabes, Al Jazeera. Karadawi est né en Égypte et on raconte qu'il avait déjà mémorisé tout le Coran avant d'avoir atteint l'âge de dix ans. En fait il représente aujourd'hui la voie spirituelle des Frères musulmans, la formation islamiste décisive de l'après Moubarak. (...)

"La révolution que vous, les jeunes avait faite le 25 janvier n'a pas seulement vaincu Moubarak mais aussi les voleurs et les escrocs du régime égyptien", a dit hier Qaradawi sur la place Tahir, "la révolution continue". Il a ensuite ajouté : "nous réussirons à libérer Jérusalem et à entrer en Palestine. Mon plus grand rêve est de faire un sermon dans la mosquée Al Aqsa". L'imam Qaradawi a parlé de la naissance d'une nouvelle Egypte avec une "philosophie et une constitution différentes".

Le grand expert de l'Iran, Abbas Milani de l'université de Stanford a déclaré que "les Frères musulmans veulent créer un gouvernement basé sur la Charia". Et en fait, Muntaser al Zayyat, grand connaisseur des mouvements religieux égyptiens a dit hier que bientôt on va voir éclore beaucoup de partis musulmans en Egypte.
Les Fatwas de Qaradawi sont très connues, comme celle qui justifie les attaques terroristes contre des civils israéliens. Le terroriste suicide qui se fait sauter dans un bar, dans une rue, dans un autobus à Tel-Aviv est selon Qaradawi, un martyr véritable. Tuer des Américains est un devoir a-t-il décrété en 2004, en pleine guerre d'Irak. Pour Qaradawi, la liberté doit être au service de l'Islam tandis que l'Amérique et l'Europe sont des communautés de nudistes. (...)  Hier au Caire, Qaradawi a demandé à l'armée d'ouvrir la frontière avec la bande de Gaza. Les Frères musulmans veulent légitimer le Hamas. Pour Rubin, Qaradawi est "un idéologue brillant et innovant, tactiquement flexible et stratégiquement sophistiqué", il est aussi celui qui a révolutionné l'islamisme bien plus que Ben Laden. C'est lui qui, de façon décisive, a donné sa légitimation aux manifestations du Caire. Il a dit que c'était un devoir religieux d'y participer car Moubarak était un pêcheur qui avait tué son propre peuple. Il a assuré que ceux qui ont perdu la vie dans ces évènements sont des martyrs.

Il a aussi déclaré sur Al-Jazira qu'il souhaitait mourir en tuant des Juifs : "j'attaquerai les ennemis de l'Islam, les Juifs et ils me lanceront une bombe, alors je pourrai finir ma vie en martyr".

Adapté par Danilette


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