Rita Levi-Montalcini z"l

Publié le par danilette

La scientifique et Prix Nobel de Médecine Rita Levi-Montalcini, connue pour ses importantes découvertes sur les neurones, est décédée dimanche à son domicile romain à l'age de 103 ans, a indiqué l'agence de presse Ansa. Née à Turin le 22 avril 1909 d'un père ingénieur et d'une mère peintre, elle entame à 20 ans des études de médecine qu'elle achève brillamment en 1936.

La promulgation des lois raciales en Italie empêche la jeune femme d'origine juive de poursuivre sa spécialisation en neurologie et psychiatrie. www.europe1.fr

source

Cent ans de plénitude www.larevue.info

  
PARCOURS Prix Nobel de médecine en 1986, la chercheuse italienne dégage une force de vie qui suscite l´admiration de ceux qui la croisent. Portrait d´une femme libre qui défie le temps.

En 2009, quelques jours avant son 100e anniversaire.(crédit: Mimmo Frassineti/AGF/Scala)En 2009, quelques jours avant son 100e anniversaire.(crédit: Mimmo Frassineti/AGF/Scala)


Qui a dit que la vieillesse était un naufrage ? Certainement pas Rita Levi-Montalcini, cette petite femme aux cheveux blancs impeccablement coiffés et au sourire malicieux des êtres dont on sait immédiatement qu´ils aiment passionnément la vie, par-delà toutes les épreuves rencontrées. Cet amour immodéré de l´existence que rien ne vient aigrir est-il la clé de la longévité et de la réussite de ce Prix Nobel de médecine qui a fêté son centenaire le 22 avril 2009 ? L´intéressée n´hésite pas à déclarer : « Une bonne vieillesse se prépare dès l´adolescence. Cet âge que vous craignez ou ignorez aujourd´hui peut être le plus beau de votre vie. C´est du moins mon cas et mon privilège, que je vous souhaite de partager. »

Née en 1909 dans une famille juive, Rita Levi-Montalcini a très rapidement fait preuve du caractère indépendant qui allait forger son destin exceptionnel. Elle est, avec sa soeur jumelle, Paola, la cadette d´une fratrie de quatre enfants élevés dans une atmosphère familiale aimante et attentionnée. Dans l´Italie des années 1930, les jeunes femmes ont vocation à devenir épouses puis mères. S´il ne s´oppose pas à ce que sa fille fasse des études, le père de Rita ambitionne avant tout un bon mariage. Toute carrière professionnelle risquant de compromettre les devoirs d´une femme au foyer, « il fallait apprendre pour se cultiver et non pas pour travailler », se souvient-elle.

 

Rita a pourtant d´autres aspirations que celles traditionnellement dévolues aux jeunes filles de bonne famille. Jamais elle ne pourra s´accommoder de laisser à d´autres la conduite de sa vie. à l´âge de 21 ans, elle s´inscrit à l´école de médecine de Turin et devient l´étudiante de Giuseppe Levi, un des premiers médecins à expérimenter la culture in vitro. Sa vocation naît au sein de cette brillante communauté scientifique turinoise, où Rita se lie d´amitié avec Salvador Luria et Renato Dulbecco qui deviendront Prix Nobel de médecine (respectivement en 1969 et en 1975).

Diplômée en pharmacologie et en chirurgie à 27 ans, la jeune femme hésite. Doit-elle embrasser une carrière de médecin ou s´engager dans la recherche fondamentale en neurologie ? L´histoire tranchera : en 1938, Mussolini publie le « manifeste de la race », suivi d´une série de lois raciales discriminatoires à l´encontre des Juifs italiens. Un de ces décrets interdit notamment aux non-Aryens toute carrière académique.

Alors que nombre de scientifiques et intellectuels émigrent aux états-Unis, la famille Montalcini décide, après un bref passage en Belgique, de rester en Italie. C´est dans un laboratoire clandestin installé à son domicile que Rita Levi-Montalcini décide de poursuivre ses recherches. Obligée de quitter Turin en 1941 pour la campagne piémontaise puis pour Florence en 1943, elle reconstitue chaque fois sa petite unité de recherche improvisée et continue, avec des outils de fortune, ses expériences sur la genèse des membres chez l´embryon de poulet.

Persister fut sa façon de résister. « Je me souviens avec quel mépris du danger et quelle audace les jeunes les plus courageux et les plus doués de sens moral ont refusé de se plier aux ordres de Mussolini. » Contre vents et marées, pour reprendre le titre de l´un de ses ouvrages (Odile Jacob, 1998), garder une exigence éthique et faire face aux vicissitudes tout en conservant sa confiance en l´homme. « J´ai eu la chance de ne pas souffrir de ce syndrome répandu qui prive la grande majorité des hommes et des femmes de la joie de vivre leur vie avec intensité et curiosité », reconnaît-elle. Lire la suite

 

Publié dans Tikoun Olam

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