Assad aurait fait tuer Bechir Gemayel et donné l'ordre du massacre de Sabra et Chatila

Publié le par danilette

Dès qu'Israël a annoncé la mort de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon, les agences de presse arabes et internationales se sont précipités pour dévoiler le «dossier sanglant" du leader israélien et comment il était connu pour être le soi-disant "boucher" des camps palestiniens de Sabra et Chatila en Septembre 1982. S'il est difficile de contester l'histoire militaire rugueuse de Sharon, de nombreuses questions demeurent autour de son implication dans les massacres de Sabra et Chatila.

Des historiens libano-américain éminents qui ont étudié les événements tragiques qui ont eu lieu dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila en 1982, ont catégoriquement rejeté les allégations d'implication directe d'Ariel Sharon dans les massacres. Le Dr Franck Salameh, professeur d'études du Proche-Orient à l'université de Boston, a révélé dans son article intitulé "La responsabilité syrienne pour les massacres de Sabra et Chatila" que les troupes qui ont mené les massacres ont été sélectionnées par Elie Hobeika, commandant militaire des Kataeb (Forces libanaises) qui avait établi des contacts secrets avec le régime baasiste syrien de Hafez al-Assad.

Les sbires de Hobeika auraient été chargés de tuer indistinctement hommes, femmes, enfants et personnes âgées faire porter le blâme pour ces horribles massacres sur la mort du président élu Béchir Gemayel et le ministre israélien de la Défense d'alors, Ariel Sharon. Ce n'était certainement pas une pure coïncidence que les tueries aient eu lieu 48 heures après l'assassinat de Gemayel par les Syriens. Ces révélations surprenantes de Salameh font étrangement penser aux allégations formulées en 1999 par l'ancien garde du corps d'Elie Hobeika, Robert Hatem. 

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Dans une analyse largement diffusée, Hameed Ghuriafi, éditorialiste du quotidien koweïtien as-Siyassa, affirme que c'est le président syrien Hafez el-Assad qui a donné l'ordre des massacres de Sabra et Chatila en 1982. Cet ordre aurait été donné à un chef de milice libanais, par le biais des services de renseignements syriens à Beyrouth, et précisément du général Ghazi Kanaan. S'il a déjà été établi que les massacres ont été directement perpétrés par les milices libanaises, Hameed Ghuriafi insiste que les ordres ont émané de Ghazi Kanaan, comme le lui aurait confirmé un témoin oculaire, Robert Hatem, l'ancien responsable de la sécurité du chef de milice en question.


Le journaliste relève que le seul élément qui n'a jamais fait l'objet d'une enquête sur les massacres est celui « de l'influence syrienne sur ce chef de milice ». Pourtant, selon un observateur à Beyrouth, qui avait suivi le débat sur Sabra et Chatila en 1982, « identifier le responsable des massacres, c'est retracer l'origine des ordres donnés ». Sachant que Sharon et ses alliés libanais voulaient sécuriser les camps jusqu'à l'arrivée des troupes libanaises, une partie tierce aurait donné l'ordre aux miliciens d'attaquer. Un témoin principal sur le terrain avait déjà révélé que cette personne était bien le général Ghazi Kanaan, mais son témoignage n'a jamais été intégré dans les travaux de l'enquête. Un livre incluant ce témoignage a été publié dans les années 90, sans toutefois éveiller la curiosité des médias occidentaux.

 

Source : www.familysecuritymatters.org et www.lorientlejour.com


Voir aussi : Sabra et Chatila, 30 ans après...

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