Séquences de l’antisémitisme-antisionisme 1/3, Olivier YPSILANTIS

Publié le par danilette

 

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On ne construira pas le bien vivre ensemble en Europe sur la délégitimation de la noble idée du Sionisme et l’exigence faite aux Juifs de renier leur droit imprescriptible à disposer, eux aussi, d’un État. Mais on aura certainement contribué à construire le bien vivre ensemble quand, partout, de l’est à l’ouest et du nord au sud de notre espace européen, les synagogues et les écoles juives n’auront enfin plus besoin de cette protection policière qui, depuis que j’ai ouvert les yeux sur le monde, défigure leurs abords et marginalise ceux qui y prient ou y étudient.”  Joël Rubinfeld


 

Il n’y a pas d’antisémitisme d’État en France. On peut toutefois noter que les médias y exercent une censure plus ou moins appuyée. Les émissions jugées trop en faveur d’Israël ne sont pas les bienvenues, je fais usage de l’euphémisme. Certes, les émissions et les compte-rendus de publications sur la Shoah sont nombreux, la victime juive est honorée ; mais le Juif bien vivant — l’Israélien — est poussé de côté lorsqu’il n’est pas tout bonnement dénoncé sur un mode tantôt explicite tantôt implicite. Les victimes palestiniennes ont maintenant droit à la compassion concédée aux victimes de la Shoah, ce qui permet un discret transfert de culpabilité. Ni vu ni connu !

 

Il n’est jamais question, ou si discrètement, des victimes juives du terrorisme palestinien, qu’elles soient déchiquetées par des explosifs ou poignardées, comme la famille Fogel, en mars 2011. Les médias français (pour ne citer qu’eux) ont abondamment fait usage du motcolon, laissant ainsi entendre que les assassinés n’avaient que ce qu’ils méritaient ou, tout au moins, qu’il fallait comprendre les assassins…

 

Israël est volontiers regardé comme une parenthèse dans l’Histoire, une erreur historique, une parenthèse qu’il s’agit de refermer au plus vite, une erreur qu’il s’agit de réparer au plus vite. Les médias se gardent de placer en perspective le conflit israélo-palestinien, d’expliquer ce qu’est le sionisme et d’en exposer l’histoire si riche. Ainsi le mot ‘‘sionisme’’ et ses dérivés sont-ils devenus pour beaucoup des injures. Ni plus ni moins !

 

La Fondation Roger Garaudy, Tour de la Calahorra, Cordoue.  A l’arrière-plan, la Mosquée-Cathédrale.  

 

Parmi les productions emblématiques de l’antisémitisme-antisionisme, on évoque généralement ‟Mein Kampf’’ ou les ‘‘Protocoles des Sages de Sion’’. On oublie trop souvent l’ouvrage de Roger Garaudy, ‟Les mythes fondateurs de la politique israélienne’’, traduit en arabe et très publié dans les pays du Moyen-Orient. Ce livre a joué et joue encore un rôle non négligeable dans la propagation de l’antisémitisme et du négationnisme dans cette région du monde. Roger Garaudy, ce puissant 4×4, catholique converti au protestantisme avant de rejoindre l’ouma, est toutefois resté fidèle à sa foi communiste. J’ai vécu plusieurs années à Cordoue qui, il y a peu, était la seule capitale de province avec une municipalité communiste (IU). Je me suis d’ailleurs promis d’écrire un article sur l’importance du communiste pro-musulman Roger Garaudy dans cette ville qui fut capitale d’un califat et de l’utilisation à des fins de propagande d’un passé rose bonbon parfumé au jasmin.

 

En France, l’antisémitisme — le nouvel antisémitisme — est peu cohérent, ce qui permet aux médias de le distiller. On est antifasciste… et antisioniste. L’extrême-gauche et l’extrême-droite se rejoignent lorsqu’il est question d’Israël. Elles s’accouplent et dans toutes des positions. Les arguments de l’extrême-gauche au sujet d’Israël sont décourageants : elle s’indigne au nom de l’anti-racisme, de l’anti-nationalisme et j’en passe. La solitude des Juifs est grande ; mais sitôt qu’ils en font part, on les accuse de ‘‘communautarisme’’, une accusation grave — l’air de rien — dans un pays où l’esprit républicain est chatouilleux, où le Juif est tout en tant qu’individu mais rien en tant que nation — que peuple. On craint d’importer le conflit israélo-palestinien dans notre bonne France. Soit ! Mais, à ce que je sache, il est déjà importé, et plus par le manque de courage des autorités nationales que par la communauté juive elle-même qui, jusqu’à présent, n’a jamais agressé un seul musulman...  lire la suite de l'article 


 

 

Séquences de l’antisémitisme-antisionisme, deuxième partie

 

Séquences de l’antisémitisme-antisionisme, troisième partie

 

 

 

 

Publié dans Olivier Ypsilantis

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