Sud d’Israël: « Vite!! Réveillez-vous les enfants! », Yaël Bensimhoun

Publié le par danilette

 

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Un prise de vue à temps réel de la routine lors des alertes de bombardements en provenance de la Bande de Gaza, par Yael Bensimhoun, mère de famille à Ashdod. L’Alya de France est estimée à entre 3000 et 4000 personnes à Ashdod. 
Vite ! …debout ! Allez !… Sirène !… des mots courts, des prénoms qu’on crie avec un calme olympien en apparence afin de rassembler au plus vite nos bambins et les pousser dans la cage d’escalier, dans le miklat (refuge) ou dans le mamad (pièce protégée) pour les plus chanceux…

Pas toujours évident quand on dort ou qu’on se trouve sous la douche, dans un bus ou au parc… même pour les plus grands… et cette terrible sonnerie qui résonne à nos oreilles longtemps après qu’elle ait cessé et que par révolte, on refuse absolument d’inscrire en nous comme familière…  Révolte contre l’anormalité, ce désordre qui déconstruit l’âme et la fige et qu’on voudrait pourtant nous faire admettre comme nécessité ! Sommes-nous redevenus, nous les habitants du Sud d’un pays autonome et souverain des victimes consentantes ? Quel autre Etat accepterait que ses citoyens soient ainsi bombardés ? Des bombes artisanales parait-il, tirées par des terroristes  gazaouis  disent les médias français… « gazaouis », quel mot chantant, encore un peu, on demanderait à danser…

Bien triste danse en vérité! Cette nuit, nous les parents avons peu dormi, préoccupés de savoir si oui ou non il y aurait école aujourd’hui, et à l’affut de ce malheureux signal qui nous jette hors de nos maisons.  J’ai encore ce matin devant moi l’image troublante de cette très vielle dame soutenue par son fils, mon voisin, arrivés au moins deux minutes après le temps imparti pour gagner les abris. Je tenais mon fils contre moi ; son cœur battait si vite tandis qu’il me souriait comme pour conjurer le mauvais sort … en face de moi. L’ autre fils aux cheveux blancs déjà, souriait lui aussi à sa mère, petit bout de femme frêle au visage blême, littéralement accrochée à son bras comme à une bouée  … Je n’oublierai jamais ce regard entre eux, mêlé de reconnaissance, de doute, d’inquiétude et d’amour tout à la fois…

A l’étage au-dessous, un bébé pleurait , sans doute tiré de son sommeil d’ange tandis qu’un père lançait des blagues à la ronde, sous l’œil bienveillant de sa jeune femme et de ses enfants devenus pour l’occasion muets comme des carpes… LIRE LA SUITE

 

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