Sud-Soudan, dernier né de l'Afrique

Publié le par danilette

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Enfin, le Sud-Soudan est là. C'est ce samedi à Juba, capitale du nouvel Etat, que sera officiellement consacrée la naissance du dernier né des Etats africains. De toutes les façons, il ne pouvait pas en être autrement. Le référendum de janvier 2011 au terme duquel près de 98% de Sud-soudanais ont opté pour l'indépendance de ce pays, jadis rattaché à Khartoum.

Comme Etat souverain, le Sud-Soudan vient juste allonger la liste de « plus pauvres » de l'Afrique. Mais, à la différence des autres, le Sud-Soudan entre dans le concert des nations avec un portefeuille presque vierge. En effet, le pays savoure son indépendance sans une moindre dette extérieure. Il doit donc repartir sur des bases saines et parvenir à surmonter de nombreux défis qui se dressent à lui.

A peine créé, le Sud-Soudan devra travailler le plus rapidement possible pour son intégration dans la dynamique de la reconstitution africaine.

Si la reconnaissance institutionnelle du Sud-Soudan est une étape importante qui devrait aboutir à son admission à l'ONU, en septembre, lors de l'Assemblée générale à New York, la plupart des observateurs ont les yeux rivés sur le développement futur du petit État sécessionniste.

En effet, le Sud-Soudan regorge des richesses naturelles - particulièrement le pétrole - inexploitées par vingt ans de conflits. C'est cette richesse qui lui a permis de bénéficier du soutien infaillible de tous (Etats-Unis, Union européenne et bailleurs des fonds) dans son processus d'indépendance.

Jeune Etat du continent noir, le Sud-Soudan a l'avantage de rejoindre les groupes d'Etat souverains de l'Afrique au moment où tout le continent tente de revoir son modèle de développement pour oublier les années sombres d'un pseudo-nationalisme qui n'a eu pour seul mérite que d'appauvrir les pays et leurs peuples.

Puisque le Sud-Soudan est enveloppé d'une grande nuée de témoins qui, pour la plupart, ont échoué en matière de développement, bien des questions attendent les dirigeants de Juba. Comment faire prospérer leur pays, dont les indicateurs de développement humain sont les plus bas de la planète ? Le nouvel État parviendra-t-il à se démarquer du schéma d'appauvrissement d'autres pays africains ? Autant de défis qui attendent les dirigeants du cinquante - quatrième Etat africain.

Seulement, le pays dispose d'un atout majeur : depuis un temps, il est inscrit dans la priorité de grands acteurs internationaux de développement. Tous, européens et américains, ont unanimement exprimé leur désir de soutenir le jeune Etat en l'aidant à bâtir son avenir sur des bases saines et solides.

Mais, pays désormais indépendant, le Sud-Soudan sera seul maître de son destin. Ce qu'il sera demain dépend entièrement de la volonté et de la détermination de ses dirigeants.

Aussi, les dirigeants sud-soudanais sont-ils appelés à faire preuve de dépassement pour ne pas trahir la volonté de leur peuple qui s'exprimait massivement en janvier dernier par voie référendaire.

Tous ont intérêt à ce que la stabilité du nouvel État soit préservée et pérennisée.

De même que d'autres pays africains, bien dotés en ressources naturelles, le Sud-Soudan doit chercher avant tout à faire exception et déjouer ce fameux « paradoxe de la richesse » d'une population pauvre dans un pays potentiellement riche.

A la différence d'autres pays africains qui ont prématurément accédé à l'indépendance il y a 50 ans, le Sud-Soudan a, à sa portée, plusieurs modèles de développement. A lui de choisir le plus optimal d'entre tous. C'est avant tout aux Sud-soudanais eux-mêmes qu'il revient de trouver la voie qui leur convient le mieux.

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Publié dans Afrique - Maghreb...

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