Tous les pays européens, même occupés n'ont pas tous livré leurs juifs aux bourreaux, Robert Spira

Publié le par danilette

 

Les Uns et les autres / 22 Septembre 2012 / Robert Spira


shoahPat Quartier : Robert Spira a vécu dans sa chair les horreurs de la Shoah et a pu y survivre par miracle, ce qui n'a pas été malheureusement le cas pour sa famille déportée.

Il consacre une grande partie de son temps à faire des recherches sur ces évènements, et réouvre des archives qu'il scrute... afin de raconter. Afin que les prochaines générations en gardent la mémoire.

A lire ici avec attention ces quelques lignes concernant le Vatican sous Pie XII afin de relever sa mollesse en comparaison des actions énergiques de sauvetage dans d'autres pays. Ces éléments militeraient pour voir rejeter la thèse complaisante de certains, désireux d'atténuer, voire d'absoudre la responsabilité de ce Pape.

Rendons hommage à l'immense travail de Robert Spira.

Parolevolee publiera régulièrement ses articles tant qu'il nous fera l'amitié de les lui faire parvenir.

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Commençons par la fin qui est plus agréable que le commencement...

Non, malgré une thèse trop répandu, tous les pays européens, même occupes, n'étaient ''obliges'' de collaborer, d'obéir, de livrer leurs Juifs aux bourreaux...

Quelques exemples qui prouvent que cela était possible, ces exemples accablent particulièrement la politique collaborationniste de Vichy qui des octobre 1940 a mis en place une législation raciale faisant des juifs français des citoyens de troisième zone, et des juifs apatrides de véritables parias.

La Finlande

En août 1942, pendant une visite non officielle à Helsinki, Himmler demande aux dirigeant finlandais de déporter les 2 000 juifs qui résidant dans le pays, réfugiés avant 1939 en provenance d'Allemagne et d'Autriche.

En février 1943, les 8 premiers déportés partent d'Helsinki pour Auschwitz...Un seul devait survivre.

Lorsque les Finlandais apprirent le sort des 8 Juifs réfugiés, le Parti Socialiste Démocratique, ainsi que plusieurs pasteurs luthériens et l'archevêque d'Helsinki élevèrent de très fortes protestations.

Leurs actions ont mis fin à toute déportation de Juifs.

Le Danemark

Les SS espéraient déporter non seulement tous les Juifs du Danemark, mais aussi les ''demi-juifs'' désignés comme Juifs par les nazis.

Le roi Christian X se fit le porte-parole de l'opposition à leurs déportations ainsi que les dirigeants des Eglises Danoises qui dans leurs serments en chaire, encourageaient les Danois à aider les juifs.

Les SS prévoyaient de déporter tous les Juifs dans la nuit du 1er au 2 octobre 1943.

Prévenus d'avance de nombreux pécheurs grâce à leurs bateaux firent passer en Suède, pays neutre, 7 906 personnes qui furent ainsi sauvées. 5 919 juifs, 1 301 ''demi-juifs'' et 686 chrétiens mariés à des Juifs.

Malheureusement, 500 juifs, trop âgés, trop faibles pour supporter le voyage en bâteau seront raflés par les allemands, et furent envoyés au Ghetto de Theresienstacht.

Tous les mois, les autorités danoises demandèrent de leurs nouvelles. Cette demande renouvelée eut pour effet de sauver 423 juifs sur 500. Les juifs Danois passés en Suède survécurent sans être inquiétés, comme les 3000 réfugiés d'Allemagne, d'Autriche et de Tchécoslovaquie arrivés en Suède avant 1939.

L'Italie

Tant que Mussolini fut au pouvoir, aucun Juif ne fut déporté vers les camps de la mort en territoire polonais.

Ils étaient ''protégés'', soit par Mussolini lui-même, soit grâce à la détermination de son commandement militaire en Croatie, en Grèce, en Albanie et dans les régions du Sud de la France occupées par l'Italie.

Malheureusement en 1943, lorsque l'Allemagne occupe l'Italie, les nazis déportèrent les juifs Italiens, de Croatie, d'Albanie...

Le Vatican

Fin 1941, des rapports sur le massacre des juifs parvinrent au Vatican. En mars 1942 le pape fut pressé d'intervenir afin de contrarier la déportation des juifs de Slovaquie vers Auschwitz.

Aucune réaction. Les alliés prièrent le pape Pie XII de promulguer une condamnation des actions de l'Allemagne nazie.

le Vatican se contente d'une déclaration générale et laconique déplorant ''les horreurs de la guerre''.

Le 16 octobre 1943, à Rome, les allemands raflent 7 000 habitants Juifs pour les déporter.

Quelques jours auparavant le Pape Pie XII avait personnellement donne l'ordre au clergé du Vatican d'ouvrir les sanctuaires du Vatican a tous les''non aryens'' en quête d'un refuge. 477 juifs trouvèrent asile au vatican même.

4 238 autres Juifs se cachèrent dans plus d'une centaines de monastères, couvents, ou institutions religieuses à Rome.

Les allemands ''découvrirent'' 1 015 personnes.

Ces 1 015 juifs furent tous déportés sur Auschwitz.

Amis lecteurs, un conseil,presque un ordre...

Procurez vous et lisez ces deux très très beaux livres, celui de Primo Levi ''Si c'est un homme'' et celui d'Elie Wiesel, ''la Nuit'' si on veut essayer de comprendre, de savoir ce qu'était la Shoah.

 

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Ksven 09/06/2014 13:16


Il faut rappeler de nombreuses autres choses. En particulier l'exemple de la Bulgarie où un certain nombre (non négligeable) de juifs ont été sauvés de la déportation. Et on ne répétera jamais le
fait terriblement accablant que plusieurs jours avant la déportation de juifs de Rome, le pape avait obtenu l'assurance de la gestapo "qu'aucun site religieux ne serait fouillé, à la recherche de
juifs". Cela joint au fait que le Vatican a protégé de nombreux nazis après guerre, en particulier des oustachis considérés par les officiers SS comme des animaux faisant preuve d'une barbarie
insoutenable est assez révélateur. Uki Goni, The real Odessa. Granta Books 2003)

Pat Quartier 25/09/2012 02:04


De nombreux ecclésiastiques ont risqué et perdu leur vie pour avoir physiquement sauvé des Juifs.


A vous de  prouver par des arguments contraires a ceux de monsieur Spira que PIE XII a eu la même force  de s'opposer
aux nazis. 


A vous de prouver que le pape a dit spécifiquement que s'attaquer aux juifs était un crime contre le christianisme et
l'humanité.


Ce n'est pas a vous de juger si les anathèmes ou excommunications auraient pu ou non avoir un effet. Il fallait faire au plus vite
et au plus tôt avant que ce ne soit trop tard.


Ceux qui ont pris des risques ne se sont pas poses la question de l'opportunité du moment, sinon qu'aurait valu leur
courage?


Vos propos sont erronés et relèvent d'un parti pris malsain.

laurent petit 24/09/2012 22:03


merci de nous donner la source documentaire que Pie XII fut "pressé" en mars 1942, comme s'il n'était pas pressé avant. Les anathèmes contre les nazis lancés par ce pape et son prédécesseur ne se
comptent plus. Rappel : les anathèmes et excommunications ne sont pas des actions du pape, mais des constats. Ils ne sont publiés que quand il est vraisemblable qu'ils aient un effet. Or,
l'histoire a montré à Pie XII, en Hollande notamment, que les anathèmes ne faisaient qu'augmenter les exactions des nazis. Avez-vous lu, dans un pur soucis de lecture à charge et à décharge, le
livre du Cadinal Zolli, ancien grand rabbin de Rome ?