Transcription de l'interview de Melanie Phillips à la télévision israélienne le 8 janvier

Publié le par danilette

 

Source : l'émission Ro'im Olam, Vision du monde :
http://www.iba.org.il/olam/index.aspx?classto=RoimOlamC&set_date=2011-01-13%2015:07

 

Je reprends la version améliorée de Menahem Macina faite à partir de mes sous-titres

Mme Mélanie Phillips : J'appelle cela une pathologie. Sérieusement, quand je parle de pathologie, je veux dire que c'est une sorte de folie, les gens qui sont sous l’emprise de la vision trompeuse qu’ils ont d’Israël et du Moyen-Orient sont tout simplement imperméables à la raison, imperméables à l'évidence, aux faits. Vous leur citez des faits, ils disent : Non ce n'est pas vrai. Vous leur exposez l'histoire du Moyen-Orient, ils disent : Non c'est faux. Il existe pourtant, je crois, un très grand nombre de gens en Grande-Bretagne, qui ne sont pas du tout imperméables à la raison, qui sont même tout à fait rationnels, mais, malheureusement, le discours qu'ils entendent, jour après jour, semaine après semaine, de la part des médias, de l'intelligentsia, des politiciens de tout le spectre politique, de l'université, des professeurs d'université, tout cela ne relate qu'une seule version des choses, une version qui transforme la vérité en mensonges, la justice en injustice, les victimes en agresseurs, en inversant complètement la réalité. Tel est le problème. Ils n'entendent pas un autre discours, aucun média ne dit la vérité sur le Moyen-Orient.

Êtes-vous en train de dire, Mme Phillips, qu'Israël est sans défense ?

- Israël s'est lui-même mis en situation de ne pas pouvoir se défendre.

- Lui-même ?

- Oui, c'est un sérieux problème, comme je viens de le dire, qui touche les intellectuels occidentaux, les médias anglais et la classe politique. C'est pourtant Israël qui a contribué à ce problème, en grande partie parce qu’il a été absent de ce processus. Israël aurait pu changer cette situation s'il avait compris depuis longtemps qu'il ne s'agit pas seulement de combattre sur le champ de bataille militaire, mais de combattre aussi sur ce que j'ai appelé, dans mes écrits, le « champ de bataille de l'esprit ». Israël a ignoré cela, il a dédaigné ce combat en pensant : « La Grande-Bretagne ne nous intéresse pas, la Grande-Bretagne est de toute façon perdue, l'Europe est perdue, nous avons l'Amérique ! Nous avons autre chose à faire, nous avons beaucoup d'autres sujets de préoccupation et nous n'avons pas à nous défendre ni à défendre notre existence ». Malheureusement, ils ont laissé la place à l'autre partie sur le champ de bataille !

Qu'en est-il de ce que nous appelons, en hébreu, la Hasbarah israélienne ?

- La Hasbarah est une plaisanterie, une plaisanterie totale.

- Une plaisanterie !

- Israël est complètement dépassé et surclassé sur ce champ de bataille, qu'il ne comprend pas. Il n'a même pas les bases élémentaires de la Hasbarah. Il est tout simplement inconscient de ce que les Arabes, les Palestiniens, les Musulmans ont mis en place depuis des années. Ils ont investi de l'argent, des idées, de l'intelligence et des moyens. Ils comprennent que la manière de l’emporter sur Israël ne peut pas être militaire, car ils ont échoué sur ce plan-là, au fil des ans, comme nous le savons tous. Ils ont très bien compris qu'il y a, en Grande-Bretagne, une faiblesse qu'ils peuvent exploiter. Ils ont compris qu'ils peuvent mener une guerre psychologique qui leur permettra d'atteindre deux buts : en "colonisant" le champ de bataille de l'esprit par leurs mensonges et leur propagande, ils feront deux choses, ils gagneront à leur cause des millions de fanatiques, qui sont littéralement prêts à mourir pour cette cause, parce qu'ils ont été endoctrinés et qu'on leur a dit qu'Israël et les Juifs vont les détruire et détruire le monde musulman, etc. Et, en même temps, ils peuvent embobiner l'Occident, car ils ont très bien compris que les intellectuels occidentaux ont adopté une manière d'appréhender le monde, que j’appellerai idéologique, basée sur des idées, et qu’ils ont perdu depuis longtemps la foi en la vérité, en l’existence de la vérité. Si, par exemple, vous dites à des Anglais que les Juifs sont le seul peuple qui a eu pour patrie la terre d'Israël, ils vous regardent comme si vous étiez cinglé, ils n’ont pas la moindre idée de cela. On leur a dit que la terre d'Israël était la patrie des Musulmans palestiniens depuis des temps immémoriaux. Ils n’ont pas la moindre idée que, du point de vue historique, c'est une totale stupidité. Personne ne le leur a appris, personne ne le leur dit. Ils n’ont aucune idée des engagements juridiques de l'Angleterre et de la Communauté internationale, après la Première Guerre mondiale, qui déclaraient qu’en raison du droit unique des Juifs sur cette terre, ils doivent être installés dans toute la Palestine.

Vous parlez de la communauté des intellectuels, de la presse, du monde du théâtre et des arts ?

- Je parle du…

- du monde universitaire

- … je parle, bien sûr, de tous ces gens. Mais vous savez, vous avez ça également en Israël. Je suis abasourdie de trouver tant de figures de proue de vos universités qui ne connaissent absolument pas eux-mêmes l'histoire juive, l'histoire d'Israël, l'histoire du Moyen-Orient, et à qui l’on a enseigné aussi des tas de bêtises. Et ils enseignent même aux jeunes israéliens qu'Israël est le fruit d'un péché originel. Une grande part de l'animosité des médias anglais des classes supérieures est alimentée par des organisations comme le journal Haaretz ; et cela provient, dans une certaine mesure, des universités israéliennes, ce qui coupe l'herbe sous le pied de ceux qui disent la vérité.

- Oui, mais en Israël, il y a la liberté de la presse, la liberté d'expression, tout le monde peut exprimer son point de vue, y compris Haaretz...

- C'est absolument parfait. Le problème c'est que le gouvernement d'Israël n'a pas compris que, depuis de nombreuses années, c'est le seul discours que l’on ressasse. La liberté de la presse, c'est bien, laissons Haaretz dire ce qu'il a envie de dire, mais il faudrait que quelqu'un mette la vérité dans le domaine public, et le gouvernement d'Israël ne l'a pas fait pendant de nombreuses années. La liberté de la presse, la liberté d'expression, sans aucun doute, mais il faut qu'il y en ait plus, que la liberté d'expression soit utilisée de telle manière que les gens se rendent compte des mensonges qui sont proférés, parce que si les gens ne sont pas informés, comment peuvent-ils le savoir ?

- Peut-être que l'idée d'un Etat palestinien est la solution, peut-être est-ce que cela résoudra le problème ? Cette idée a été soutenur même par M. Netanyahu, le Premier ministre...

- Bien sûr, cela résoudrait le problème, dans l’absolu. Mais le fait est que cette guerre terrible a eu lieu à cause de cette proposition de création de deux Etats. En d'autres termes, comme je l'ai dit précédemment, la solution de deux Etats a été proposée depuis les années trente, ce n’est pas une solution réalisable. A chaque fois qu'on la propose, le conflit s’étend, c'est plus qu'évident. Comment peut-on encore penser que c'est la solution ? Si c'était le cas, je souhaiterais que cela arrive. Qui pourrait avoir objecter à ce scénario idyllique, cela marcherait si bien : l'Etat d'Israël, l'Etat de Palestine...

- vivant côte à côte…

- …vivant côte à côte, une coopération économique, un avenir magnifique pour les deux Etats : bravo ! Mais c'est ignorer la réalité, à savoir, que cette offre existe depuis les années trente, mais que l'autre partie, la partie arabe, n'en veut pas. Elle veut la disparition d'Israël. Elle le dit, elle le prouve textuellement, dans chaque mot et dans chaque action. Et elle agit ainsi, avec constance, depuis neuf décennies.

Mme Mélanie Phillips, combien d'intellectuels, de journalistes en Angleterre partagent vos vues ?

Il y a des intellectuels qui pensent de même, mais on a tendance à se moquer d’eux, à les diffamer, à les accuser d’être de "droite". En les insultant ainsi de manière stupide et infantile, on veut empêcher le débat. Ce n’est pas être de droite que de soutenir la vérité contre le mensonge, la justice contre l'injustice, la liberté contre ceux qui tuent à la fois la liberté et des êtres humains. Cela n'a rien à voir avec la droite, mais c'est l’étiquette qu’on vous met au cou de gens comme moi, et, croyez moi, cela a un effet terrible, car vous pouvez perdre vos moyens de subsistance professionnels, vos chances de promotion, vous perdez vos amis. Ce ne sont pas des choses que les gens acceptent de gaîté de cœur.

Mme Mélanie Phillips, merci beaucoup, vraiment.

- Merci. 
 

 

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