La réponse du Bureau du Premier ministre à un article du Time

Publié le par danilette

Sources : 

  1. http://honestreporting.com/prime-ministers-office-calls-time-out/
  2. http://www.time.com/time/world/article/0,8599,2043016,00.html
Une réponse du Bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou

Cher Mr. Stengel,

 Je désire attirer votre attention sur un récent article du Time intitulé "Le virage à droite d'Israël effraie certains conservateurs". J'espère que vous conviendrez que l'article est compètement biaisé et que les nombreuses distorsions ne sont pas dignes des normes de votre magazine prestigieux.

Israël est décrit dans cet article comme un pays glissant vers le fascisme. Votre correspondant se réfère au Shin Bet israélien (l'équivalent du FBI) comme à une police secrète, prétend que le gouvernement israélien assimile de plus en plus la contestation à la déloyauté et accuse le Premier ministre d'être sur la voie d'un régime autoritaire ressemblant à ceux des pays voisins.

Voici ce que vous apportez comme éléments de preuve à ces allégations scandaleuses : un vote préliminaire du parlement israélien pour obliger les citoyens naturalisés à faire un serment d'allégeance, une proposition de retrait de la citoyenneté aux Israéliens reconnus coupables d'espionnage et de terrorisme, une motion visant à enquêter sur le financement des ONG locales par des gouvernements étrangers, un appel au Juifs pour qu'ils ne louent pas des propriétés aux Arabes et des manifestants qui demandent qu'on interdise aux jeunes hommes arabes de fréquenter des jeunes filles juives.

Mais votre correspondant n'a pas jugé nécessaire d'informer vos lecteurs d'un certain nombre de faits.

Les serments d'allégeance sont répandues dans la plupart des pays démocratiques, y compris aux États-Unis. En Amérique, les citoyens naturalisés prêtent serment à la Constitution et s'engagent à défendre le pays contre tous les ennemis, extérieurs et intérieurs. La proposition d'allégeance israélienne demanderait aux citoyens naturalisés de prêter serment à Israël en tant qu'état juif et démocratique, des mots pris directement dans notre Déclaration d'Indépendance.

En outre, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et l'Italie sont quelques-uns des nombreux pays où la citoyenneté peut être retirée pour diverses infractions définies comme des atteintes à l'intérêt national. S'agit-il de pays européens non démocratiques ? 

Aux Etats-Unis, l'an dernier, le Sénateur Joe Liberman a proposé d'amender la loi qui recense les différents actes pouvant entraîner la perte de la nationalité, en ajoutant à cette liste l'acte de rejoindre une organisation terroriste et l'acte d'engager ou de soutenir des hostilités contre les Etats-Unis et ses alliés. La démocratie américaine est-elle menacée par un tel projet de loi ?

Quant au fait de s'interroger sur la légitimité du financement d'ONG israéliennes par des gouvernements étrangers, l'article aurait été plus équilibré s'il avait comparé avec la loi américaine "Foreign Agent Registration Act" (FARA).

La loi FARA exige certaines démarches de toutes les organisations engagées dans des activités de lobby et recevant des fonds d'un individu étranger, et à fortiori d'un gouvernement étranger. Entre autres démarches, elles doivent s'inscrire comme agents étrangers au Département de la Justice et autoriser le Procureur général à inspecter toutes leurs activités.

Il est difficile d'imaginer un quelconque pays démocratique qui accepterait qu'un gouvernement étranger intervienne dans ses affaires intérieures en finançant des groupes locaux qui non seulement critiquent la politique d'un gouvernement spécifique mais attaquent les fondements mêmes de l'état.

Que ferait la Grande-Bretagne si le gouvernement français finançait activement une ONG anglaise déterminée à éliminer la monarchie ? Que feraient les Etats-Unis si le gouvernement iranien finançait une ONG américaine faisant pression pour un retrait des forces américaines du Moyen-Orient ?

Il existe un débat public en Israël, y compris au sein du Likoud sur le meilleur moyen de résoudre le problème du financement d'ONG israéliennes par des gouvernements étrangers. Différentes propositions ont vu le jour, depuis l'enquête parlementaire jusqu'aux lois interdisant ou restreignant de tels financements ou aux mesures assurant une totale transparence. Loin d'être le signe d'un glissement vers le fascisme, le débat israélien actuel est le témoignage vibrant d'une réelle démocratie.

Enfin, contrairement à l'affirmation de votre correspondant, le Premier ministre Netanyahou a publiquement et vigoureusement condamné les sentiments racistes mentionnés dans l'article. Voici ce que le Premier ministre a déclaré à l'ouverture du concours israélien annuel de Bible à un public constitué principalement de Juifs pratiquants, quelques heures après avoir pris connaissance de la lettre d'appel aux Juifs pour ne pas louer d'appartements aux Arabes.  

Il y a parmi les citoyens de ce pays des non-Juifs. Comment aurions-nous réagi si quelqu'un demandait qu'on ne vende pas d'appartements aux Juifs? Nous aurions été scandalisés et nous le sommes, en fait, quand nous entendons de telles déclarations dans les pays voisins ou ailleurs. De telles déclarations ne doivent pas être faites, ni à propos des Juifs, ni à propos des Arabes. Elles n'ont pas leur place dans un pays démocratique, encore moins dans un pays démocratique juif qui respecte les valeurs morales de l'héritage juif et de la Bible. Par conséquent, l'Etat d'Israël les rejette catégoriquement.

Cette condamnation sans équivoque du dirigeant israélien contraste avec la loi de l'Autorité palestinienne qui prévoit la peine de mort pour quiconque vend une propriété aux Juifs. De telles lois sont monnaie courante dans un Moyen-Orient où les Chrétiens sont persécutés, les Gays pendus sur la place publique et les femmes lapidées pour adultère.

En Israël, les choses sont différentes. Ici, nous protégeons les droits des femmes, des gays et des minorités, y compris les 20% d'Israéliens qui sont des Arabes et qui bénéficient de la liberté d'expression et de culte et de la protection de tribunaux indépendants et de l'Etat de droit.

Chaque décision en Israël est passée au crible par un des contingent de correspondants de presse étrangers le plus important au monde, par les centaines d'organisations des Droits de l'homme et les ONG qui opèrent librement ici, par une presse locale célèbre pour sa contestation et par une opposition parlementaire bruyante et des plus critique. 

Israël a renforcé ses valeurs démocratiques dans une période où il a subit des menaces sans équivalent dans le monde entier. Durant cette période, alors qu'il a du se défendre contre des guerres d'agression, des campagnes de terreur sans précédent et des appels continus à son anéantissement, Israël,  en matière de protection des droits a enregistré un bilan supérieur comparé à celui des autres démocraties, et un record comparé aux démocraties en période de menaces. 

Même en temps de paix, d'autres démocraties promulguent des lois qui seraient inconcevables en Israël. L'interdiction des minarets suisse et les restrictions françaises au port du voile ont été passées en Europe, pas en Israël.

Un dernier point concernant la couverture médiatique du Moyen-Orient. En 2000, après avoir été menacée par l'Autorité palestinienne pour la diffusion du lynchage de deux soldats israéliens par la foule palestinienne, la chaîne de télévision italienne RAI a honteusement présenté des excuses. De même en 2003, CNN a admis s'auto-censurer en ne présentant pas une couverture négative du régime de Saddam pour que son personnel puisse continuer à travailler en toute sécurité à Bagdad. 

Je peux vous assurer que quel que soit la couverture partiale et déséquilibrée de vos correspondants en Israël, ils bénéficieront toujours de la liberté d'écrire ce qu'ils veulent. Bien entendu, Le Time est également libre de les publier.

 Ron Dermer, conseiller principal du Premier ministre.

Adapté par Danilette

 

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