Un nouveau Moyen-Orient, Mordechai Kedar

Publié le par danilette

http://www.news1.co.il/UploadImages/NEW-866985499858857.jpg12 février 2011, sur le blog de Mordechai Kedar 

Un nouveau Moyen-Orient

http://www.news1.co.il/Thumbs/200/NEW-269405543804169.jpgL'appel de la Maison-Blanche à Moubarak, au début des manifestations, pour qu'il abandonne son poste est très inquiétant. Le président des Etats-Unis a ainsi trahi le grand ami de son pays, le président Obama ne risque-t-il pas d'agir de la même façon avec Israël si, à Dieu ne plaise, celui-ci se trouvait confronté aux mêmes dangers ?  

Ces derniers jours ont vu la fin d'un chapitre de l'histoire du Moyen-Orient dans lequel les foules ont fait éclater l'étau des peurs qui les enserraient, la peur de l'armée, la peur de la police, la peur des services de sécurité. Elles s'engouffrent en masse dans les rues des capitales et prouvent aux dirigeants cruels et corrompus qu'elles sont capables d'apporter un changement considérable dans leur destin.

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Les jours que nous venons de vivre ont vu la fin d'un chapitre de l'histoire du Moyen-Orient, celui des dictatures qui étranglent les masses populaires, celui des partisans des dictateurs corrompus qui volent les trésors des peuples arabes pour les déposer sur des comptes numérotés en Suisse. Ces abus provoqués par la corruption ont causé des déficits au budget des états, bloquant les investissements pour la création de nouveaux emplois qui auraient pu endiguer le chômage et la misère. Cette situation est à l'origine de la prolifération de bidonvilles dans lesquels vivent des millions d'Arabes sans aucunes infrastructures, ce qui renforce leur indignation et les pousse à vouloir éliminer les classes dirigeantes. 

Récemment s'est ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire du Moyen-Orient où les masses affamées, les exploités, les chômeurs, les pauvres et les malades ont abbatu le mur de la peur : peur de l'armée, peur de la police, peur des services de sécurité, elles se sont engouffrées dans les rues des capitales et ont prouvé aux dirigeants cruels et corrompus qui régnaient depuis des décennies qu'elles étaient capables d'apporter un changement considérable dans leur destin.

Le chapitre du Moyen-Orient nouveau a débuté en Tunisie par des manifestations qui ont réussi à renverser le président Ezin El-Abidine Ben Ali et sa femme corrompue qui a cambriolé la banque centrale tunisienne avant de s'enfuir à l'étranger. L'Égypte est le deuxième pays dans lequel les manifestants ont pris l'initiative de renverser le président en exercice, de faire fuir le fils du président pressenti comme héritier du pouvoir et ont permis la montée en puissance de l'organisation des Frères musulmans, déterminante pour l'avenir du pays. Pour l'Égypte, c'est un grand changement car en raison d'une clause constitutionnelle empêchant la création d'un parti religieux, ce mouvement était illégal et n'était pas en mesure de se présenter aux élections parlementaires. Les représentants des Frères musulmans qui se sont présentés aux élections en tant qu'indépendants n'ont réussi à obtenir qu'un seul élu alors qu'avec des élections équitables et honnêtes, ils auraient obtenu la majorité parlementaire. Cela n'a fait que renforcer le soutien populaire aux Frères musulmans et sa volonté à exiger le départ de Moubarak. Les Frères musulmans sont en train de conduire d'âpres négociations avec ce qui reste du gouvernement car leur influence est telle qu'ils peuvent enflammer la rue sur un seul mot.

Dernièrement des rumeurs ont révélé que les biens de la famille Moubarak s'élevaient à 70 milliards de dollars. Même s'il s'agissait d'un seul milliard, il est évident que cette fortune s'est construite au moyen de la corruption du gouvernement aux dépens des populations pauvres défavorisées de l'Égypte.

Des personnalités telles que Mohammed El Baradei, Omar Suleiman et Ayman Nour, dont les noms sont évoqués comme candidats à la présidence pour l'après Moubarak, ne pourront pas ignorer le mouvement des Frères musulmans, comparable au mauvais génie qui sort de sa bouteille et la brise en mille morceaux. Quel que soit le nouveau président à l'avenir, il devra pour stabiliser le pays renforcer la position des Frères musulmans au niveau national, régional et international, y compris dans les relations avec Israël. 

Le monde regarde avec une grande préoccupation la situation en Égypte du fait que le président Moubarak était un grand allié des États-Unis dont il avait obtenu un soutien militaire et alimentaire et qu'il encourageait l'arrêt du programme nucléaire iranien. Selon la vision des Frères musulmans, Moubarak était l'homme désigné par les Occidentaux pour réprimer les masses égyptiennes, préserver la stabilité économique et étrangler à jamais les mouvements islamistes. Dans ce contexte, l'appel de la Maison-Blanche à Moubarak au début des manifestations, pour qu'il abandonne le pouvoir est une rupture de la politique américaine. 

L'Égypte depuis la révolution des officiers libres en 1952, restée sous le même régime avec des présidents successifs, a été une vraie poudrière. Les quartiers pauvres dans lesquels vivent aujourd'hui environ 40 millions d'Égyptiens, c'est-à-dire près de la moitié de la population du pays, sans eau potable, sans égout, sans électricité, sans téléphone, sans droits civils et sociaux, sans éducation digne de ce nom, sans police ni justice, sont la base sur laquelle s'appuie le mouvement des Frères musulmans qui s'efforce de fournir aux habitants un éventail de services sociaux, allant de services pour les femmes par des femmes jusqu'à la fourniture d'eau, de nourriture et de soins médicaux. Ce sont les habitants de ces quartiers qui se sont répandus dans les rues, sur les places et sur la place Al Taharir (la place de la Libération). Ce sont sur eux que les soldats égyptiens n'ont pas osé tirer au cours des manifestations. Ce ne sont pas les événements de Tunisie qui ont déclenché ce qui s'est passé en Égypte, tout au plus ils ont été le catalyseur qui a allumé un front dangereux.

Il est clair que le mouvement des Frères musulmans qui englobe des factions de différentes nuances politiques, aura une influence déterminante sur la politique intérieure et la politique étrangère des institutions égyptiennes qui se mettront en place après la disparition du chaos. Il faut prendre en considération évidemment d'autres facteurs comme le président, l'armée, les élites économiques et les partis laïques. Mais il semble que l'organisation des Frères musulmans sera, en fin de compte, celle qui aura la plus grande influence sur la politique de l'Égypte.  Dans quelle direction va se diriger le pays ? Il n'existe pas encore de réponse à cette question et pour y répondre, examinons deux scénarios différents : le scénario catastrophe et le scénario modéré.

Le scénario du Djihad

Selon l'observation de certains analystes, l'Égypte pourrait : 

  • rompre immédiatement ses liens avec Israël et avec les États-Unis, 
  • cesser de fournir du gaz à Israël, 
  • conclure une alliance avec l'Iran,
  • fermer le canal de Suez pour saper l'économie européenne. 

La direction des Frères musulmans qui suit une ligne islamiste extrémiste pourrait décider : 

  • de remplacer la législation du pays par la Charia, en imposant à tous les citoyens égyptiens, hommes ou femmes à se vêtir en accord avec celle-ci,
  • de fermer les théâtres, les cabarets et tous les lieux de divertissements, d'interdire l'importation et la vente d'alcool,
  • d'imposer aux touristes et aux femmes en particulier le port de vêtements discrets,
  • de fermer les musées remplis des trésors de l'antiquité égyptienne parce que le patrimoine antique de l'époque des pharaons est le symbole d'une époque noire de mécréance,
  • de stopper toutes fouilles archéologiques explorant les vestiges de cette époque.

La politique des extrémistes islamistes du gouvernement égyptien va toucher le secteur du tourisme qui est une source de revenus pour des millions d'Égyptiens vivant d'artisanats, de vente de souvenirs, du transport des touristes et de l'exploitation de restaurants, de musées, de lieux de loisirs et de divertissements, sans parler des nombreux hôtels et des vols touristiques. La chute du tourisme en Égypte va apporter un désastre économique à beaucoup de familles qui n'ont pas d'autres moyens de subsistance. Le gouvernement des Frères musulmans justifiera ces mesures en mettant en avant l'influence néfaste des touristes, en particulier des femmes, de la consommation d'alcool, de drogue, de plaisirs et des contacts entre les jeunes Égyptiens et les femmes étrangères qui portent atteinte à la moralité. En outre, les touristes viennent visiter et s'émerveiller du patrimoine antique égyptien, héritage d'une époque d'hérésie et d'idôlatrie et il est interdit aux Egyptiens d'en tirer un profit.

L'Égypte va se rapprocher du bloc d'influence iranien et il y aura des visites réciproques des dirigeants de ces pays. L'Égypte deviendra la base de la diffusion de l'islam dans le monde pour propajer le Djihad aux communautés musulmanes à l'étranger, notamment en Europe et aux États-Unis  afin de promouvoir l'effondrement des démocraties occidentales.

Le droit international interdit à un État situé dans un passage maritime crucial de le fermer à la navigation de bateaux étrangers. Cela concerne le canal de Suez, le passage du Bosphore et des Dardanelles qui sépare la mer noire de la mer méditerranée et se situe en Turquie ou du détroit d'Ormuz qui se trouve entre le golfe persique et l'océan indien, à proximité de l'Iran et des Emirats Arabes Unis. Le gouvernement égyptien pourrait décider de fermer le passage au trafic international auquel cas, les pays d'Europe et d'Asie subiraient un préjudice grave et le Conseil de Sécurité de l'ONU pourrait être amené à decider d'en prendre le contrôle en plaçant des forces internationales entre l'Égypte et le Sinaï. Israël devra également veiller à ce que l'armée égyptienne ne lance pas une opération militaire.

Il se peut aussi que le gouvernement égyptien envenime ses relations avec Israël sans fermer le canal et que cela dégénère en guerre. Dans ce cas, Israël devrait réoccuper la péninsule du Sinaï, en partie ou en totalité pour éviter qu'une guerre ne se produise sur le territoire israélien.

Le scénario modéré

Selon l'autre scénario, même si les Frères musulmans gouvernent, l'Egypte continuera à remplir un rôle normal au sein de la famille des nations et à fonctionner de manière constructive, sur le modèle de l'Arabie Saoudite, elle aussi état religieux islamique. Les Frères musulmans auront la charge d'approvisionner les citoyens en nourriture, de leur fournir du travail et d'améliorer la situation économique sinon le monde arrêtera de les financer. Car si le gouvernement égyptien prend des mesures anti-américaines et anti-occidentales, l'aide civile américaine cessera y compris l'aide alimentaire. Les Frères musulmans savent qu'une politique agressive à l'égard d'Israël peut plonger la région dans la guerre, entraîner une sortie des capitaux et des investissements, supprimer des emplois et augmenter le chômage. Même s'ils réduisent leurs relations avec Israël et ferment l'ambassade israélienne au Caire et l'ambassade égyptienne à Tel-Aviv, ils auront intêret à faire très attention à ne pas déclencher une guerre dans la région.

La réalité sera probablement différente, quelque part au milieu de ces deux prévisions, l'Égypte semble parfois plus proche du scénario djihadiste que du scénario normatif. Il est également possible de voir une approche politique islamiste pour certains sujets et plus pragmatique et modérée pour d'autres.

Quand Moubarak a annoncé à son adjoint Omar Suleiman qu'il conservait son pouvoir [temporairement jusqu'au élections] conformément à la Constitution, les manifestations de la place Al Taarir ont redoublé.
La situation est explosive pour deux raisons : la mauvaise situation économique, sociale et politique reste ce qu'elle est ; la rue a perdu sa peur et sent qu'elle possède la force et la volonté de changer la situation.
Si les processus économiques et politiques en Egypte ne s'améliorent pas selon le désir et les échéances des masses populaires, elles n'hésiteront pas à retourner manifester dans les rues et sur les places et le gouvernement n'a pas la capacité pour tolérer une telle situation sur une longue période. Les militaires sont déterminés à refuser de tirer sur la foule et les classes dirigeantes n'auront pas d'autre choix que de céder à la pression publique et de laisser l'arène politique libre pour les Frères musulmans. Déjà au début des manifestations, on a vu de nombreux membres de la classe dirigeante quitter le pays en même temps que les touristes, beaucoup de "gros bonnets" ont investi leurs richesses à l'étranger et il est probable que leur objectif est de laisser l'Égypte… aux pauvres et aux Frères musulmans.

Et les autres pays ?

Après ce qui s'est passé en Égypte et en Tunisie, tous les pays arabes exceptés les Emirats du golfe, se tiennent solidaires comme des pions de dominos et sont dans l'expectative, attendant de sombrer à leur tour dans les manifestations, protestations et éventuels changement de système de gouvernement. La corruption et le chômage existent dans tous ces pays et les populations ne manquent pas de raisons pour vouloir suivre l'exemple des foules tunisiennes et égyptiennes.

  • En Jordanie la majorité palestinienne est évincée du système politique et donc elle est davantage active dans le secteur privé. Les camps de réfugiés palestiniens en Jordanie sont dans un état de grande négligence, la vie y est désastreuse et il y a un chômage important. Le roi Abdallah II souhaite améliorer la situation et a donc nommé un nouveau cabinet la semaine dernière, mais l'homme de la rue sait que tant que le système de gouvernement n'est pas remplacé, les problèmes fondamentaux du pays ne seront pas résolus. Des centaines de milliers d'exilés irakiens continuent à peser lourdement sur l'économie du pays sans que personne ne voit une solution à ce problème.
     
  • En Syrie la situation est encore pire. En plus du chômage et en plus des immigrés irakiens, il y a eu une année de sécheresse extrême.*  Des centaines de milliers d'agriculteurs ont été obligés d'abandonner leurs fermes et leurs moyens de subsistance et ont rejoint la masse des chômeurs des villes. Enfin, la Syrie est dirigée par la minorité des Alaouites, considérés par les autres musulmans comme des païens superstitieux ; ils ne représentent qu'un faible pourcentage de la population, environ 10 %. La Syrie est donc également un baril de poudre qui n'attend qu'une étincelle pour s'allumer. 
     
  • Le Yémen est miné par trois problèmes fondamentaux : tout d'abord, la corruption du président Ali Abdallah Saleh qui a nommé les membres de sa tribu à la tête des municipalités, des ministères et des grandes entreprises parce qu'il ne fait confiance à personne. Deuxièmement, les tribus bédouines du sud désirent couper leurs liens avec le Nord et établir un État séparé comme celui qu'ils avaient avant 1990. Troisièmement, les habitants chiites du Nord du Yémen sont en pleine rébellion, soutenus par l'Iran qui fournit financement, combattants et entraînement. Donc, le risque existe que le président soit renversé et forcé de fuir le pays pour un endroit plus sûr et plus calme.
     
  • Au Soudan, la majorité des habitants du Sud du pays ont voté pour la séparation avec le Nord et on peut supposer que le futur accord de paix autorisera aussi les habitants du Darfour à se séparer du Soudan central, arabe. Le pays se désagrège lentement, après des décennies de guerre ouverte sanglante entre le gouvernement arabo-musulman et la périphérie non-arabe aux composantes musulmanes, chrétiennes et animistes.
     
  • L'Algérie se soulève également depuis le mois dernier et on y voit des manifestations sur un fond de chômage important. Les tensions principales sont celles qui divisent les élites du Nord du pays, instruites, héritières de la culture française, tenant les rênes de l'économie, de la communication et de la politique du pays et les habitants du désert bédouin enfermés dans la tradition musulmane tribale et qui craignent l'influence des valeurs occidentales à l'intérieur de leur société. L'Algérie peut se comparer à un ring de boxe avec un groupe moderne qui possède la puissance économique et politique et un groupe persécuté de Bédouins traditionnels qui possèdent détermination et force.
     
  • Au Maroc règne le roi Mohammed VI qui a ouvert la porte aux islamistes qui ont eu la possibilité de créer des partis et de participer à la vie politique en tant qu'acteurs légitimes. Au Maroc, cohabitent en parallèle culture et éducation moderne avec des secteurs islamistes ce qui entraîne une séparation de plus en plus marquée entre laïcs et religieux. Une telle polarisation accroît les tensions et favorise des groupes extrémistes islamistes comme Al Qaïda Maghreb Islamique (ce qui dans ce contexte signifie l'ensemble des pays situés à l'ouest de l'Egypte). 
     
  • Le Liban se trouve à la fin du processus de prise de contrôle par le Hezbollah et son achèvement n'est plus qu'une question de temps. Hassan Nasrallah ne veut attirer l'attention du monde sur ces projets au Liban, alors il attend que le pays lui tombe entre les mains comme un fruit mûr. Il a nommé un chef du gouvernement en remplacement de Hariri et plus le temps passe, plus il resserre son emprise sur le système politique de façon à prendre le contrôle du pays.
     
  • En Irak le mouvement de protestation populaire contre la corruption du gouvernement prend de l'ampleur alors que les Etats-Unis, la Grande Bretagne et d'autres pays ont sacrifié beaucoup d'hommes et investi beaucoup d'argent pour essayer de mettre en place un pouvoir politique légitime. Il est probable qu'il existe des acteurs commandités par l'Iran telle que "l'Armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr" qui cherchent à ébranler le navire irakien,  essentiellement en vue de rendre l'échec des Américains patent aux yeux du monde entier.
     
  • L'Arabie Saoudite au milieu de toute cette tourmente paraît être une forteresse d'équilibre mais pourtant elle connaît, elle aussi des problèmes comme dans la région orientale de Hasa, habitée par des Chiites et la région de Najran, dans le sud dont les habitants yéménites ne ressentent pas leur appartenance à l'état saoudien. Les travailleurs étrangers en Arabie saoudite sont une menace potentielle pour l'ordre public, s'ils arrivent à s'unir et à s'organiser pour protester contre les conditions d'exploitation et d'esclavage dans lesquelles ils travaillent. 

Pour conclure, le chapitre du Moyen-Orient qui vient de s'ouvrir ces jours-ci sera différent des chapitres précédents. Les rues arabes se sont réveillées et elles vont renverser les dirigeants contre lesquels leur colère s'est accumulée depuis des décennies, à cause de leur corruption et de leur tyrannie.

Israël devra naviguer avec beaucoup d'intelligence pour ne pas être brûlé par les coulées de lave en ébulition sorties du cratère du Moyen-Orient. 12/2/2011, Mordechai Kedar.

Adaptation de l'hébreu par Danilette.

*  lire l'article à ce sujet : LA SYRIE EST A SEC, Guy Bechor, traduit par Albert Soued

 

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