Une conversation avec Wafa depuis les Etats-Unis, Pilar Rahola

Publié le par danilette

Pilar Rahola
La Vanguardia. Barcelona.
15/10/2010 

http://www.pilarrahola.com/3_0/ARTICULOS/default.cfm?SUBFAM=35&ID=1864

Voici une belle phrase: « Les gens qui ont des idées sont forts. Ceux qui ont des idéaux sont invincibles » Invincibles ? Symboliquement, bien sûr, mais la vie physique peut tomber entre les mains d'assassins. A cause de cela, de ma conscience que les idées durent mais que la vie peut-être éphémère, j’ai eu du mal à lui poser cette question : « Avez-vous peur » ? Et sa réponse fut à la hauteur de ceux dont le courage est au-delà de tous les risques : «Ma cause est plus importante que ma vie ».
Celle qui m’a fait cette réponse est Wafa Sultan, né en Syrie, ancienne psychiatre d’Alep, réfugiée aux Etats-Unis. Time Magazine l’a désignée comme une des 100 femmes les plus influentes de l’année 2006, pour sa dénonciation de l'extrémisme islamique et pour le modèle moral qu’elle représente.

Quand elle était étudiante à Alep, elle a assisté à l’assassinat par les Frères Musulmans de son professeur Youssef Al Youssef, un ophtalmologiste de renommée internationale. Comme elle l’avait expliqué dans le New-York Times : « ils lui ont tiré dessus des centaines de balles en criant Allah est grand. A ce moment, j’ai perdu la foi en ce dieu et j’ai commencé à remettre en question tous nos enseignements. Cela a marqué un tournant dans ma vie qui m’a conduite jusqu’à ce que je suis aujourd’hui. J’ai du m’arrêter et chercher d’autres dieux ». Son livre révolutionnaire « Un Dieu qui hait » qui n’est malheureusement pas publié dans notre pays [l’Espagne], elle le dédie à une autre victime de l’intégrisme, Mayya, sa nièce adolescente qui s’est suicidée pour un terrible mariage qu’on voulait lui imposer. Wafa a commencé à parler haut et clair sur sa propre foi et sur l’islam qui, de toute évidence, semble avoir perdu la bataille entre Dieu et la modernité. Et bien sûr, elle a commencé à recevoir des Fatwas contre sa vie qui l’ont obligée à vivre protégée et exilée.

Dans son interview sur la chaine de TV, Al-Jazira, où elle a affronté avec véhémence un islamiste radical, elle avait déclaré que dans tout autre contexte,  cela tomberait sous le sens commun, que l'esclavage des femmes dans l'Islam est un mal, qu’exploiter des jeunes pour tuer d'autres personnes est un autre mal et que l'islam qui défendait ces folies était très malade. Elle n’a plus jamais été invitée  à Al Jazira. À un certain moment de notre conversation, Wafa m’a dit: « Pilar, le monde appartient aux femmes. Nous gagnerons ce combat, car nous n'avons pas d'autre choix. Et cette fois, c'est aux femmes d’élever la voix ». C’est ainsi que elle, elle élève la voix, courageuse et engagée.

Pourquoi est-ce que nous ne l’écoutons pas ? Pourquoi n’entendons-nous pas Nonie Darwish, Ayan Hirsi Ali, Talisma Nasreen et toutes les femmes musulmanes qui mettent en danger leurs vies pour lutter contre le fondamentalisme islamique ? C’est la grande question. Nos sociétés sont vraiment tolérantes, à un point tel que préférons-nous pas avoir comme interlocuteurs des Imams radicaux et réduire au silence la voix des femmes qui luttent ? Le fondamentalisme est démoniaque et l’islam qui lui donne de la puissance est très malade.

Mais nous aussi, nous sommes très malades.

Adapté de l’espagnol par http://danilette.over-blog.com

© Pour toute diffusion, merci de n'en publier qu'un extrait avec un lien renvoyant à l'article complet

 


 

Publié dans Terrorisme - Djihad

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

popi soudure 17/10/2010 21:18



waffa , vous etes une " grande dame " ! respect total .............................